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Joueursblâmables .
Tonqudtíi,
Ville.
Hdkien ,Tille.
186 lAmbassade de la C. O r . des Prov. Unies
Les Chinois (qui n ont ordinairement rien plus à cœur que de remplir les oreillesdes étrangers des merveilles de leur Païs) nous racontèrent aussi, qu a dix lieuesd'icy on voyoit un marais, ou plustôt un Lac fort profond, nommé Vo , voisin de laCité de Hien , dont les eaux deviennent rouges comme sang, en y jettant une pier-re ; voire méme ils nous dirent que toutes les feuilles des arbres voisins,qui tombentdans ces eaux, font transformées en arondeles volantes. Si vous n’adjouítés pas foyà cecy, vous ne devez pas aussi croire les Irlandois, qui disent que des branches desapin, lesquelles tombent Sc pourrissent dedans la mer - naissent certains oyseauxsemblables à’nos Canards.
Non loin de la montagne de Si voisine de la Cité de Cing , l'on voit un précipiceoù furent engloutis dix grands Joueurs de dez par la malédiction de leurs femmes,lesquelles, en voyant leurs soupirs, leurs pleurs, leurs plaintes, leurs avis, voireleurs menaces peu fortes pour fléchir les cœurs de leurs maris, Sc pour les retirerde leurs débauches Sc fripponneries, remirent leurs causes entre les mains de leursDivinités, qui les punirent de la forte. Je me sens animé contre un tas de fnppons,Sc d’écetvelés, qui mettent toute leur gloire, Sc employeur tous leurs jours au jeude cartes Sc de dez, auquel ils font tellement acharnez, qu’ils hon t honte de cou-rir à l'emprunt, d'engager leurs meubles, d’hypothequer les heritages de leurs fem-mes , âpres avoir vendu leurs propres, de quereller, de blaíphemer, voire méme derisquer la liberté de leurs vies. ô Joueurs, ouvrez vos yeux, je vous prie, ne voyezvous pas que vous renés le grand chemin du désespoir, ou de l’Hospital ?' Mettez àl’écart l’esperance du gain, Sc donnez vous la patience de penser, que les contente-mens du plus heureux n’egalerent jamais les regrets de fa perte. Le gain est un hôtevolage, qui ne séjourné jamais dedans une méme bourse, Sc le naturel des t plus ex-périmentés au jeu est d’ignorer quand il est temps de faire trefve. Ainsi parloir An-tigonm du Prince des Epirotes : Le dé luy dit bien, mais il ne sçait pas se servir de fachance : ce Roy gaignoit, mais il ne pouvoit rien conserver. Le dé est une béte f&.melique, que l’on ne peut assouvir, tant plus le gain vous chatouille, tant moins pen-sez vous à en faire voítre profit ; tousjours attachez au désir infini de tenir la fortuneenchaifnée dedans vos mains ; mais elle qui se rit de la dextérité de vos doits,fait pa-roistre un petit point à la place d’un six, que la maxime de vostre piperie devoit ame-ner. Ce n’est pas pour dissiper une melancholie, comme les bonnes gens du tempspassé, ou pour vous divertir des importunes pensees d’un affaire épineux, que vousdorés une table pour adorer deux ou trois petits os, qui rouleront à vostre plaisir ;c’est un excés d’avarice, qui vous fait tenter le hazard, Sc protester, que vous n’avezpoint de plus grand ennemi que celui qui vous a dépouillé. Ainsi les mignons áA-lexandre , piqués au jeu, commençoie nt à s'échauffer fur la perte, ce Prince avisé lesmit à l’amende, Sc leur défendit de jouer. Je m’asseure que le Guafl Italien se re-
Í ientît de hen avoir pas fait autant, avant qu iPperdît douze mille hommes contrees François en la bataille de Cerisoles , puilque fa déroute fut un effet de la ven-geance divine, d’autant que ses Soldats avoient roulé le dé fur les Autels des Egli-ses , au grand mépris de Dieu. Mahomet (aussi grand Politique,qu’il estoit méchanthomme) fit croire à ses Idolâtres Musulmans qu il hy avoit point de plus grand pé-ché que le jeu ; Sc hy eut jamais Prince chez les Ottomans qui jouât ; depuis durantla prospérité des Infidèles Mahométans, le Roy S. Louis défendit par tout sonRoyaume toute sorte de jeux. Ordonnance digne de ce Prince, Sc maintenant né-cessaire aux sujets de ses successeurs, voire à toutes les Monarchies Sc Républiques.
Nous arrivâmes le 28. de Juin à la Ville de T o N <lu a m , ou Tungquang , quiest située aucosté Méridional de la rivière de Guei. Elle est gardée par une Garni-son Chinoise, Sc non Tartare> comme il arrive aux autres Villes. Elle est defenduëde bonnes murailles & de profonds fossés, comme vous pouvez remarquer parlafigure suivante. Sa forme estpreíque carrée a une heure Sc demie circuit. Elledepend avec son territoire de celle de Hokien , laquelle sous la Famille de Cheva futnommée Tungiams fous çelle de H ana Luth ai , Sc fous celles de Tanga Sc de SungaIngcheu , Sc Inghai. Elle a couru diverses fortunes, Sc tantôt fut obligée de recevoirles loìx des Rois dé Ci, tantôt de ceux de Chaos , Sc par fois de ceux d ’len. Elle estencourt!née de fort grandes campagnes à terre grasse Sc argilléuse > dans lesquellesle sel se fait j ou se prend de legu méme de la mer, qui en est voisine. Elle a peu demontagnes Sc encore fort petites. Ses Rivières, ses Canaux, & ses Lacs font pleins
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