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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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tre. Si les Grues volantes portent une pierre au pied, (disent aucuns) c’est à fín quepar la chûte d’icelle, elles sondent si elles volent fur la terre ou fur la mer, ou à fínquelles en soient plus pesantes pour mieux résilier à l’irupetuosité des vents qui lesagitent. Cest-ce que nous lisons dans Solin , qui dit que les Grues mangent du fa-ble , 5c fe chargent de caillons, pour eítre moderamment pesantes. Deucalion ,qui n ignoroit pas la prudence des Grues (dit Pausatiios) échapa les eaux du delugepar leur faveur, 5c fe sauva sor le Mont Geran, Alexandre de Macedoine lors qu ilvouloit veiller, imitoit la vigilance de ces oiseaux ; il faisoit mettre un bassin pro-che de son lit, fur lequel il écendoit le bras, tenant une boule d’argent à la main, la-quelle venant à tomber par un assoupissement, le reveilloit aussi-tôt par son tinte-ment. D'ailleurs Appion rapporte qu 'Oenée régnant à Menu r, une Grue ayant deuxtelles luy apparut, 5c que cette année là il y ut grande abondance de biens en Egyp-te. On en vit encore une ayant quatre telles fous un autre régné, dont sensoivit uneannée foisonnante en tous biens. Si les Chinois font tant d'eltat de ces oiseaux pourles considérations fus-alleguées, je m'en rapporte.

Temple h Kous visitâmes, aux pieds des murailles de Sìnkpcien , un Temple baíti dans uneboJg^ tres-agreable plaine, qui peut surpasser en grandeur, en structure, en richesses, oupour le moins égaler les plus augustes du Royaume. Cét ouvrage est divisé en troisétages voûtés, au collé déíquels il y a plusieurs degrés: l’ouvrage d’én bas est embellide plusieurs portes 5c coiomnes,qui soutiennent le toict du premier étage : le milieuest orné de fenestres, 5c aussi de colomnes, fur «lesquelles repose le toict du deuxiè-me étage. Toute cette machine est tellement enrichie 5c diaprée au dehors defeuillages, de belles, d oiseaux, de dragons, de tygres, ôc d’autres animaux, qu onla prendroit pour un chef d'œuvre d un des plus habiles sculpteurs, & peintres del’Univers. Si le dedans (qui n est rempli que de poupées à trois rangs) égaloit le de-hors , on le pourroit mettre au rang des plus parfaits ouvrages de f Antiquité.

Temples & Les Temples par tout ce Royaume sont soumis à des impositions fort grandes,Treftscso- au fft b ien que les Prestres qui y sacrifient, d’où vient qu ils ne fe contentent pas detmls™* battre doucement de l’aile,mais ils déchirent bien souvent le peuple avec les griffes.

• Je les jugerois dignes de blâme, s’ils joiiiísoient des immunités,dont jouissent nosEc-clesiaítiques ; mais je ne puis nïempefcher de me plaindre daucuns de ceux-cy, quimieux instruits que ces Payens, 5c éclaircis des plus parfaites lumières du Christia-nisme , ne songent que de hausser leur estât, d’accroiítre le nombre de leurs benefi-ces, d attraper des honneurs par le degré des déshonneurs, ne s’estudient que d'em-ployer le patrimoine de Christ, la soeur, 5c le sang des fidelles - à la bonne chere,au

luxe, '