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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Vers ^Empereur de la Chine. ziy

regardent, lesquelles j ay recueilly de la bouche de nos Truchemens, & de plus cu-rieux de nostre Compagnie,

Cette Province a plusieurs autres Villes considérables, outre celles dont nousavons fait mention cy devant, entre lesquelles est: celle de Paoting, qui a fous viUe *íajurisdiction 26 . Cite's, 6c dont le territoire abonde en toutes choses. Elle a septTemples consacrés aux Héros, dont le plus fameux est celuy qui est dédié \Javm ,l’un des premiers Empereurs, dont la mere finit ses j ours dans les sombres cachotsde la montagne àlki proche de la Cité de Havon . Au midy de Paoting , on décou-vre le Lac de Lìenhoa , célébré à cause des fleurs qui portent le méme nom.

La Ville de Chinting est aussi fort considérable, 6c commande à un vaste chimmterritoire, dans lequel on conte trente-deux Cités : Les monté de Heng la ferment viUe 'du costé du Nord,à le fleuve Huthrn au Midy. Elle est ornée au Levant dun grand& magnifique Temple dédié aux Idoles,au derriere duquel il y a une grande sale di-visée en neuf chambres ; Dans ía partie plus sécrété 6c plus cachée, on y void unestatue qui represente une Vierge, qui a plus de septante coudées de hauteur, laquel-le les habitans nomment Quoning , qui disent avoir jouye d un si excellent Odorat,quelle pouvoit flairer de ce lieu jusques à la Grande Muraille. Aucuns Historiensnous font mention de quelques semblables Odorats. Aristote a laisse par écrit qu aucarnage qui se fit des Medes à Pharfale , tous les Corbeaux & Athènes , 6c du Pélo-ponèse s y transportèrent. Averroës dit qu’un Vaultour sentit de Damas une charo-gne qui estoit en Babylone : Aussi lit-on des effets prodigieux de l’Odorat en diver-ses personnes. Jean Léon asseure dans la siziéme Partie de son Afrique , que le Gui-de dune Caravane, y reconnut de quarante milles loin en flairant le fable, quelles'approchoit dun lieu habité. TLtGarcilaJso de laVega nomme un certain PierreM or on , habitant de la ViUe de Bayamo dans T Isle de Cube , ôc de ceux que les Espa-gnols appellent Metifs , qui alloit à la queste des Indiens, 6c les suivoit du nés à lapiste, mieux que les chiens de chasse ne font le gibier ; adjoustant qu il fentoit demémejodeur de quelque lieu que ce fut,où il y avoit du feu allumé, bien qu’il s’entrouvât éloigné de plus que dune lieue. Mais à parler franchement,tout ce que l'onrapporte des uns 6c des autres touchant ce poinct, m'est grandement suspect ; aussibien que ces veues de Lincées qui percent les murailles, 6c ces ouïes subtiles, qui en-tendent la musique des sphères celestes, ou qui connoissent s’il y a quelqu’un dansun chambre au bruit que fait la porte qu’ils frapent.

On void assds prés de cette Ville la montagne de Cangmen } dont le sommet surpasse e*ngnh *,les nuës mémes, dans laquelle il y a une Fontaine médicinale, 6c fort salubre, où la ™» ta & ne >Reine de Xaianga fit baítir un tres-sùperbe Monastère, dans lequel plusieurs Sacrifi-cateurs vivent fort austerement,pour conserver un eternel souvenir de cette Dame,qui âpres s’estre lavée dans ces eaux,fut subitement guerie dune maladie chronique6c inveterée.Proche de la Cité de Heuping , on voit un Lac qui se forme de deuxpetites Fontaines voisines,dont lune est tres-froide,6c l’autre fort chaude. Prés deKìoyang on decouvre aussi une montagne,d'où sort une Fontaine dont les eaux sontfort salutaires,6c qui produisent des herbes extrememët recherchées des Médecins.

La Ville de Xunte, une des Villes Capitales de cette Province, a un territoirefort riant 6c agréable, 6c environné de tous costés de hautes montagnes. On y trou- xmttjnUt.ve un fable tres-fin, 6c menu, 6c fort propre à polir les pierres. On s’en sert par foisavec succès pour faire des lunettes, 6c est beaucoup meilleur que nostre esineri, 6ctripoli,car il rase sans gaster : on le vend par toute la Chine-,Ion en fait aussi de la vaifiselle de terre, mais qui n’approche pas la Porcelaine de la Province de IÇiangfi. LesChinois y viennent quérir de pierre? de touche pour éprouver l’or, avec d autres >fort estimées pour leur couleur 6c dureté.

On découvre d’icy la montagne de Tang remplie de cavernes 6c de ípelonques ;laquelle n’a rien de bon qu’une eau chaude, qui nettoye 6c guérit la gale, 6c qu’u-r^, mot*ne eau froide, dans laquelle une perche plantée devient fer par la partie qui est enterre, ce qui est en l’eau sc pétrifiant, fans que le reste qui demeure dehors change.

Que ne pourroit-on pas rapporter de tant de fontaines Ôc de fleuves, qui ont desvertus aussi merveilleuses ? Le Paganisme à vanté la fontaine dìAmmon , qui estoitfroide de jour, 6c chaude de < nuit: Josephe assure que celle de Hierìcho puisée lematin se rafraichissoit à l’air chaud de la journée : Paul Jove sest contenté de diredune qui est auprès de Bude en Hongrie - qu’ayant ses eaux brûlantes, elle ne laisse

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