VERS í/ÉMÊEREUR DE LA CHINE. 2yï
On y voit íous cette Ville entr autres montagnes celle de Kjng tres-riche en mi-joes de cuivre, & c’est d’icy que l’Empereur Hoangtìm en prit pour faire les instru-mens de fa maiíbn, & de la guerre*
N a n y a n g septième Ville Capitale fut jadis un Royaume appartenant à laRace de Hiaa s aufli est-elle est une des plus célébrés Villes de la 67-à, à cause deion opulence, Sc de la fertilité des campagnes qui l'environnent, capables d’entre-tenir de vivres des grandes armées.
On y void aussi de tres-íuperbes bâtimens & neuf Temples dédiés aux Héros. UnRoy de Famille de Taiminga y a fait fa demeure, & l'a fort embelli. Son territoireenferme plusieurs montagnes, & rivières. Celle de Tan est: admirable en ce qu 1 elle
E roduit tous postions rouges qui ne paroissent qu'au commencement de l’Esté. Lesabitans écrivent & affirment que si on se frotte les pieds du sang de ces postions,qu’on pourra aisément marcher sor l’eau;,& non contens de cette fable ils adjou-ftent encore que si pour lors on vient à faire troubler l’eau, les postions pleins de co-lère montent tout incontinent en haut, & rendent la riviere toute ensanglantée ôcde couleur de feu.
J u n i n g huitième Ville Capitale est: mouillée des eaux des fleuves de Co & de fHoeì. Elle enferme huit Temples dédiés aux Héros . Son territoire est plein de VlUe ‘montagnes, dont lune nommée Sinìang , c’est à dire la flateuíe, servit jadis de tom-beau à la femme d’un Empereur de la Race de H ana , laquelle voulant maflàcrerson mary, le chargea tous les jours de force louanges & de flatteries. Elle avoittousjours quelque cantharide cachée íous la rose pour le perdre, comme dit Ovi-de , Impìa sub dulci melle venena latent . Et íes paroles obligeantes ressembloientà celles du Renard, lors qu’il loiioit le Lievre en la prefence du Loup, d'avoirla plus délicate chair qu’on se pouvoit imaginer. C’est ce qui a fait dire il y asi long-temps, qu’il n y avoit d’ennemis plus à redouter que ceux qui nous don-nent des louanges. Peffìmum inimicorum genrn , laudantes. La Sultane T^oxolancne trouva pas de meilleur moyen pour prendre son beau-fils Mufiapha , que dele louer excessivement à son pere Soliman. C'est ainsi qu Hercule ' embraflòit Antéèpour l’étousser ; & que les Eginettes suffoquèrent leur Législateur Dràcon , en le ca*raflant sur un theatre. -
J u est une tres-bonne Cité située fur la riviere de Ju, dont elle emprunte son f H » eist,nom. Son territoire abonde en toutes sortes de fruits, & enferme entr autres unemontagne surnommée lenvieuse, à cause qu elle servit de séjour à quelques Philo- 'sophes qui se disoient les ennemis jurés des hommes. Il se trouve encore de sem-blables naturels, qui fans estre animés bailleurs, se portent d'eux-mesmes à per-sécuter les hommes les plus pacifiques quand ils ont de la vertu. Ils veulent gé-néralement du mal à tous ceux quils envisagent dans une position au dessus de laleur. Et la jalousie dont ils sont travaillés est si puiflanté, que pour se rendre dequelque considération, ils disent du mal de tous ceux quils desefperentde pou-voir égaler, & leur rendent de mauvais offices pqur cette seule raison, quils ontde l’avantage sor eux. Considérons, je vous prie, là deflus l’étrange dépravation denostre humanité, qui nous porte à des excès ae mauvaise volonté contre nos sem-blables, dont l’on ne remarque aucun vestige parmi le reste des animaux. Quanda-t-on veu des Chevaux sentrebattre, pour aller mieux l’amble, ou pour estreplus vistes à la course les uns que les autres ? Les Chiens ne íe querellent pas, quoyquils n ayent pas tous le nés egalement bon. Et jamais l’on n a ouï dire que deuxPaons se soient faits la guerre sor l’excellence de leur plumage, en quoy consisteleur perfection. Les hommes seuls persécutent avec animosité ceux de leur espece,
& le mérité qui devroit les leur faire estimer, est le sujet le plus ordinaire de leursinimitiés mortelles. En vérité, c’est estre en quelque façon pire que les Diables,qui semblent s accorder ensemble, & qu’on peut dire vivre en union, du moins lorsqu’il est question de nous nuire. Entrons maintenant dans la Province de Suchuen ,qui tient le siziéme rang entre celles de l’Empire.