2$6 l'Ambassade de la C.OVdes Prov. Unies
de la méme façon, Sc qu ils ne peuvent estre tués. Je pense que les pommes quïcroissent auprès du Lac Ajfihaltite , ou de Sodome , dont le dedans íe trouve ordinalreraent plein de cendres, ont pû donner lieu à l'imposture qu on luy a debitée en cequartier là ; Sc que comme un abysme en attire un autre, les inventeurs de ce conteont fait souffrir au cœur humain la méme chose qu’ils s’estoient persuadée du fruit.Et pour vous faire comprendre comme toute sorte d’eíprits sont capables de sem-blables imaginations, je vous rapporterai ce qu un Médecin Espagnol,à écrit depuispeu. Il dit fur la foy du Jésuite Mendosa , que le serviteur du Duc de Bragance (c’estle Roy de Portugal d’aujourd’huy) regardant fixement un Autour, ou Faulcon, lefaisoit tomber à terre tout sur l’heure. II parle d’un autre homme qui de son seul re-gard tuoit les enfans,& méme les chevaux. Et comme en revanche de ces animaux,S adjouste qu un cheval causoit de fa seule veuë une diarrhée mortelle aux hommesqu il envisageoit, c est pourquoy Ton ne le faisoit sortir que la teste couverte. Je nevous rapporterai point ce qu il attribue aux Sorcières, ou Morteras de son pais, quituent par leur veuë- Sc guérissent par le seul attouchement, pour vous faire observerque tout cela est fondé sur une fausse maxime, dont Pomponace s’est servi aprés Avùcenne , que l'homme peut comme Microcosme Sc l’Abregé de 1 Univers, possedertoutes les vertus des pierres, des plantes, Sc de tous les autres corps de la Nature,quand l’influence des Cieux luy est assés favorable pour cela. Ce méme MédecinEspagnol represente l’opinion de certaines personnes,qui croient que ceux qui nais.sent le jour du Vendredy Sainct auquel la terre s ouvrit, pénétrent de leur veuë jus-ques en terre comme le Linx ; Mais tout cecy est plein de superstition, & frivole, Scne peut que faire rire ceux qui le considèrent de bon biais.vìUes Mili - Quant aux Villes Militaires, mentionnées dans la table precedente, la premiere
umu , voisine se mont (X\Jlung, Sc 1 e fleuve de I\inxa , qui produit de for en quantité : Laseconde est renfermée de montagnes effroyables, où l'on prend ses plus hardis Vau-tours : la troisième est presque située en un méme lieu, mais il n’y a qu elle qui pro-duise des pommes de pin liir ses montagnes : Sc la quatrième est riche en musc, enperdrix, Sc en phaseoles, ou febues qu’ils nomment pierreuses, à cause de leur dure-té ; ce sont des arbres qui produisent ces fruits. Les Médecins Chinois ses trouventfort bons aux défaillances de cœur, évanoùissemens, Sc pâmoisons. On nomme cesVilles, Militaires, parce que tous ses habitans sont soldats, avec tous leurs domesti-ques , Sc quils sont obligés d'estre tousjours prests en cas de besoin, pour la defen-ce des frontières de 1 Empire.
cités de Quant aux Cités de guerre,& autres Forteresses, aussi mentionnées dans la méme
guerre , c» Table, elles ont des territoires assés fertiles,& agréables* On y trouve force Rhino-Fortereffes. ceros , A spécialement dans celuy de la Cité de P o, force Miel, Sc Cire, force Oran-ges, Musc,& Poules,qui portent de la laine semblable à celle des brebis. On y cueil-le aussi cette herbe de Cha , si renommée, dont nous parlons en d’autres endroits.Aux environs de Tiehi , on nourrit force Vaches, qui comme celles de Tibet ont laqueue fort longue, épaisse Sc frisée. Es environs ûYemui , on est ravi du chant desrossignols qui y foisonnent,comme ses mouches en nostre pais. Le pais de Jungningfierm produit des chevaux fort généreux. Es environs de Tantang , on voit une grandetombées des campagne qui en un moment fut toute couverte de grosses pierres tombées desníKS ' nuës, comme affirment ses habitans. Elles sont toutes privées de rayes & de lignes.Sc sont si dures, qu’elles résistent à la lime. Elles ressemblent à la manche d’un mar-teau,ou d un soc,de sorte que l’on pourroit croire qu’elles ne font dissemblables auxpierres nommées par Agrìcola , Ceraunìa , Sc Brontìa , que l’on dit tomber du Cielavec 1 e foudre. Quoy qu il en soit,plusieurs célébrés personnages soutiennent qu’ilss’engendrent des pierres dans ses nuës, Sc quelles sont jettées en terre par la foudre.ì\entmannus raconte qu a Torga Tannée iytfi. le 17. de May tomba des nuës unpierre Ceraunìa , laquelle estant tirée de la terre estoit de la largeur de trois doigts,Sc de la longueur de cinq, plus dure que se basalte, dont Ton se sert en divers lieuxà Allemagne, où Ton 1 e fouit à mode d’enclume. Le méme Autheur s’étend fort sor1 e récit de semblables accidens. Gefnerus écrit que dés Tan 1492. à Enfshenium Tongarde une pierre tombée duCiel,sospenduë dans 1 e Temple,laquelle pèse trois censlivres. Divers antres Autheurs ont pris plaisir dans la recherche Sc ses causes de sem-blables evenemens - que je laisse à la censure des Lecteurs.
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