l’Ambassade de la C.O r .des Prov. Unies
jardins, de perrons » &d’autres semblables commodités pour ceux quis'yprome-nent.
che> Rìvie- La riviere de Che mouille aussi les murailles de la Ville, qui pourroit servir de ma-te ' tiere aux Philosophes, à cause de son flux & reflux, qui elt si impétueux & effroya-ble au mois d’Octobre, qu il n y a pas de navires quelle ne renverse, & n’englou-tiflse d’une premiere saillie. Au Nord de cette Ville on voit le superbe Temple deChaoking , où il y a tousjours foire, & se trouvent les marchandises les plus excellen-tes , Sc rares, qui s'y apportent tant de la Chine que du reste de l’Univers.
•Fîencbd j Au Couchant de la Ville on voit le Mont deTtencho n partie affreux pour ía
montagne, roideur, Sc en partie agréable Sc divertissant. Il a un cóteau, rempli de rocs, Sc decavernes, où on void des Temples aux Idoles - régis par trois mille Sacrificateurs,dont une partie demeure dans ces cavernes, où ils s’obligent volontairement à unecaptivité perpétuelle, Sc y font nourris par quelques Freres, qui leur apportent lesaulmosnes du peuple, Sc les leur font tenir par le moyen dune corde attachée autrou de leurs inaccessibles fpelonques.
Tmhoang , Au Midy de cette Ville on voit le mont de Funhoang , où il y â deux sommets si
montagne. k auts , q U ’ on diroit qu'ils touchent au Ciel , fur lesquels toutesfois il y a un Templeaux Idoles, Lc une Tour à neuf estages.
On void encore és environs de Lingan la montagne de Tienmo, c’est à dire f œil duCiel, parce qu il y a deux Lacs fur ses deux sommets, qu ils nomment ses deux yeux,dont elle se sert pour regarder le Ciel. Elle est couverte de forests, Sc ses valléesont de fort riches campagnes de ris, Sc de champignons, qu on distribue par toutela Chine , aprés qu ils ont esté confis dans le sel.
On decouvre encore la montagne de Cietìking , célébré pour íòn Lac, qui foison-ne en petits postions, qui à cause du brillant de leur peau font nommés JQnyu, oudorés ; les habitans les nourrissent avec beaucoup de foin dans leurs maisons, 8c jar-dins de plaisance, Sc leur donnent souvent à manger de la main, tant sont-ils appri-voisés. Un de ces petits poissons vaut deux ou trois escus d or, fur tout, lors qu ilsont toutes les bonnes marques que les Chinois désirent. On decouvre encore uneautre montagne nommée Xeeeng , fur le bord du Lac de Si , où il y a une magnifi-que Tour, Sc un Temple aux Idoles.
Kiahing » Kiahing seconde Ville Capitale est de tous costés arrousée de lacs Sc de ca-viUe ' naux tres-divertissans, fur lesquels on a basti une grande quantité de superbes Ponts,
dont aucuns ont septante pas Chinois de longueur. Elle est embellie de tres-magni-fique bâtimens, dont aucuns ont neuf étages. Tous les bords des canaux Sc fossésíònt revestus de pierres de taille, Sc carrées. II s'y fait un grand trafic de íoye, Scd un fruit qu on nomme Peci, qui est de la grosseur d’une chastaigne, mais d’unmeilleur goust. On decouvre au Nord-Ouest de la Ville le côteau d’Utaz dans leLac de Tienfìng , où les Gouverneurs ont basti cinq Palais, pour s'y recreér, Scdivertir.
HucbeH, H u c h E u troisième Ville Capitale est mouillée des eaux du Lac de Tai } ScVille . peut tenir rang entre les plus célébrés Villes de cét Empire , tant à cause du grand
trafic qui s'y fait, Sc spécialement en draps de soye, que de la somptuosité de sesbâtimens.
xieucheu , Niencheu, quatrième Ville Capitale reçoit les eaux de deux rivières naviga-* 1 f * blés, qui s'alïèmblent proche de ses murailles. Son territoire est rempli de monta-gnes, où on tire force cuivre, Sc amasse beaucoup de gomme, ou de colle de Cie ,quidistille des arbres, Sc ressemble aux larmes de terebenthine, laquelle n estant tout àfait seiche, exhale une certaine vapeur venimeuse, qui fait paílir Sc enfler le visage àceux qui ne sont pas accoustumés de la manier. C’est de cette colle qu’on couvretant de coffres Sc cabinets, qui font admirés de nos Europeans, à cause de leur bril-lant , Sc riche diaprure. Au Septentrion de cette Ville on voit la montagne d "Ulum,où il y a deux Lacs, dont l’un ne porte que ses eaux tousjours troubles, Sc l'autretousjours claires. Non loin d’icy, dans la Vallée de Kieulì l'on decouvre le mont deFucbung , célébré à cause des Temples Sc des Sales du Philosophe Nìençulin , quiont accoustumées d’estre visitées par tous Ceux qui navigent proche de là, en mé-moire d’un si grand homme. On écrit que c'est là où il s’addonnoit à la pesche, Sc setenoit caché, de peur d’estre obligé d’accepter les principaux Gouvernemens queles Empereurs luy presentoient*
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