funnan.
ses limites .
Qualité duterroir•
280 l’Ambassade de la C. O r . des Prov. Unies
Cette Province de J u n n a n , qui tient le dernier rang entre celles de l’Empí-Trovincede^ p Ollrr0 i t à juste tiltre marcher de pair avec les premieres, si nous jettons les yeuxfurlon étendue, fur l’affluence & la quantité des choses précieuses qu elle enfermedans son sein, sur le nombre de ses habitans, fur la température de son climat, surlagreément de ses montagnes, fur la fertilité de ses campagnes, fur la beauté de seslacs Sc rivières poissonneuses, fur la magnificence de ses Villes, Sc fur la force de sesplaces d’armes-
On luy donne pour bornes les Royaumes de Tunghfng , Sc de Laos » La Provincede §hangf la joint à l’Orient, Sc au Zud-Est ; elle s’étend presque au Zud-Ouestjusques au Détroit de Bengala , où elle regarde les Royaumes de Pegu , d Aracan ,& autres :Au Couchant elle est à l’oppolite des Royaumes de Mien , & de Pey ,comme ceux de la Chine les nomment : Elle a pour limites au Nord-Oiiest le Royau-me de S if an, ou de Tibet» au Nord-Est la Province de Suchuen , Sc celle de
Qaeicheu.
Les Chinois la tiennent pour la plus riche de l’Empire,& l'on y achete les denréesneceíïàires à la vie à tres-vil prix : L or, que les habitans amassent seulement dans lefable, Sc les criblent Sc nettoyent, est suffisant de les faire vivre à leur aise. Quel-qúes Chinois mont assuré, que si on avoit la liberté d'ouvrir ses mines d or, qu’iln'y a point de lieu où on trouvât’davantage, Sc du plus fin : de là vient que lors queles habitans veulent railler, Sc mordre quelqu’un, qui vit avec trop de bobance Scde splendeur, Sc prodigue son bien, ils luy demandent d’ordinaire, si son pere estReceveur de l’Empereur dans la Province de Junnan .
On y trouve aussi quantité d’Ambre, qui est un peu plus rouge que celuy de Po-logne. On y rencontre force Rubis, Saphirs, Agathes (qu’ils appellent yeux dechats) Perles, Sc autres Pierres Précieuses, dont aucunes sont d’un prix inestima-ble. On y trouve pareillement force Muíc, Soye, Benjoin, Sc Encens qui distilledes arbres ; Les Cnevaux, Sc les Eléphants y sont tres-excellens.
On compte dans cette Province douze Villes fort remarquables, huit autres Vil-les de guerre, Sc quatre-vingt quatres Cités, comme aussi plusieurs Forts Sc placesd’armes, mentionnées par la Table precedente.
Les Livres du dénombrement du peuple de cét Empire, donne à cette Province132978.Familles, & 1433110.hommes. Il y en auroit bien davantage dans ceròolie, si elle n’estoit habitée par divers peuples, qui ne reçoivent pas les loix del'Empereur, mais tien de quelques Tuquons z ou Ducs Souverains.
Le Tribut du ris est de 1400768. sacs ; este paye 76967. mesures de sel, outre uneinfinité d’autres tributs Sc imposts mis fur les marchandiies Sc fur les champs.
J u n N a N premiere Sc Capitale Ville emprunte son nom de la Province mê-me j elle peut avec droit entrer en conteste avec les plus nobles de la Haute AJie »car elle est fieuriííànte pour ses denrées, renommée pour son opulence, Sc admiréepour la beauté Sc largeur de ses édifices, Sc de ses rues, pour le nombre de ses vastescanaux formés des eaux du Lac de Tien , Sc pour lagreément des bois Sc des jardinsqui se voyent au milieu de la Ville fur le mont d'XJhoa , qui est en outre embelli detres-somptueux Palais, de quelques Temples Sc Monastères aux Idoles.
On voit encore dans la Ville le Palais d un Grand Seigneur, qu on nomme Moge -ctmg. Le fondateur de la Famille de Taiminga , donna ce Titre Sc cette Dignité àun de ses Généraux d’armée, qui estoit de la Famille de Mo , Sc qui luy avoit rendude services si considérables, lors que Hungìvus desfit Sc chassa les Tartares de larace d 'Ivena , qu’il le déclara Duc héréditaire de cette Ville, dont ses descendansjouissent encore en nos jours.
Son territoire produit de tres-bons chevaux, qui sont de baise taille, mais coura-geux. On y fait des tres-riches tapisseries : on y tire la pierre d’azur, Sc du verd enabondance, Sc quantité d’excellent marbre : Le bois de Rose, comme les Portu-gais le nomment, y croist aussi. Au Couchant de la Ville on voit la grande mon-tagne de l\ingki,&c au Nord celle de Xang fréquentée par les paralytiques,qui trou-vent un grand soulagement dans leur mal, aprés qu’ils sc sont remplis des eaux froi-des dune Fontaine qui y sourd. On voit aussi en cét endroit le Mont de Lo ì puis auNord-Oùest celuy à’Toyang , embelli de plusieurs Pagodes, Sc Couvents de Sacrifi-cateurs. La montagne de Siencao , voisine de Caomìng , pousse ses sommets si hauts,quon tient qu’este surpasse la plus froide région de l’air. Proche de Cynning on dé-
k ombre desVilles.
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funnatt ,premiereVille ,
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