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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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de l’Empire de la Chine.

yie.Poilr laReligionChrestielfne elle est fille duSoleil dans leurs livres,ce qui fait quenous avons mis nostre Dimanche au jour dominé par cette Planette,qui a rendu J^o-me , Ville Solaire, Ville sainte, Sc donné aux Cardinaux qui y refidentla couleur rou-ge qui est toute Solaire auffi, tant ces refveries que rapporte le Cardinal d 'Ailly ontesté insolentes. Mais Cardan en discourt un peu autrement dans son supplément desEphemerides, où il ne convient que de Saturne pour cause efficiente du Judaïsme.

Mars Sc la Lune , s’il en est creu,ont fondé la Religion Payenne » le Soleil Sc Marsla Mahoînetane ; Sc Jupiter avec Mercure la Chreitienne : fur quoy il dresse ses juge-mens temeraires de la durée de toutes.C'est ainsi quune science imaginaires trom-peuse a engendré de véritables Sc damnables erreurs aux choses divines, ce qui de-vroit estresuffisant pour la faire detester, quand ses prédictions auroient d’ailleursquelque certitude dans les autres matières purement humaines.

La pluspart de ces Judiciaires Chinois cherchent des íupposts pour autoriser leurs Fturberfourberies, ont des personnes attitrées qui prennent des íecretes connoiíïances des des ^fl roFamilles, des noms, des mœurs, Sc des infirmités de ceux qui recherchent leursprédictions ; enfin taschent de les faire reiiffir par des voyes qui monstrent bienqu’ils ne se fient gueres en celles du Ciel, Sc qu ils exercent leur mestier commeune pure Charlatanerie. Quelques-uns d’entre eux ayans pronostiqué lan & le jourqu ils doivent mourir, se laissent mourir de faim y estant arrivç, pour conserver leurréputation. D’ailleurs les Chinois se plaisent tant à aider à leurs Astrologues, qu ilsfont tout ce qu’ils peuvent pour executer leurs refveries. Je vis à Nanking un Seig-neur qui fut adverti d’un Judiciaire, qu’il tomberoit bien-totmalade, le pauvreSeigneur abondonna fur le champ nostre compagnie , se mit au lit d’apprehenfion,

& mourut deux j ours après: un Médecin en trouvera facilement la cause. Suetoneaporte une pareille preuve, lors qu’il dit que le Mathématicien TrafyUe , reconnoiffánt l'inclinatiòn de Tibère , qui luy faisoit souhaiter qu un sien neveu luy succédaitplustôt que Caligule , l'assura que celuy-cy traverseroit auffi tót à cheval le golfe deB aïe a Poujsole , que de parvenir à l’Empire. Caligule estant Empereur se souvint dece que cét Astrologue avoit dit, Sc prit plaisir à faire ce pont, sur lequel il passa le

Î oltè plusieurs fois à cheval, Sc en carosse pour accomplir fa prophétie. Mais si lesudiciaires sont ridicules à vouloir faire valoir leur Art par ces prédictions particu-lières , ils ne le sont pas moins en beaucoup de generales. Les Histoires, Sc Calen-driers de la Chine sont remplis de semblables fictions. Le Philosophe Xuius fondétant fur des caractères Sc nombres, que fur les rayons du Soleil plus obscurcis qu’àl’ordinaire, annonça paíse quinze cens ans la destruction de l’Ûnivers, Sc cependantil dure encore. Des autres ont prédit que leurs campagnes seroient exemptes de sau-terelles, l an mil deux cens&cinquante,& neantmoins la Chine n’en a jamais esté tanttourmentée qu'en ce temps là : Qnelques-autres ont assuré deux cens Sc vingts ansaprés que l’année seroìt stérile, que leur Empereur viendroit à mourir,& que la merinonderoit plusieurs de leurs Provinces maritimes, Sc cependant on reconnut en e£fét que la moisson ne fut jamais plus riche, que l’Empereur qui estoit maladif, nefut jamais plus sain, Sc que la mer ne fut jamais plus calme Sc plus éloignée de sesterres. Ne croyez pas que les Chinois font seuls blâmables en ce point. Stoflerus Scquelques autres se mêlèrent d’annoncer un deluge qui devoit arriver Tan mil cinqcens vingt Sc quatre, cependant cette année fut si seiche qu ^Cardan a observé qu onne vit passseulement un nuage au Ciel, pendant tout le mois de Fevrier, auquelcette inondation devoit arriver. Combien de fois nous ont-ils menacés de la fin dumonde ? Et ce quf est bien plaisant,n’a-t-on pas veu l’un d’entre eux qui l’assuroit leplus,dresser neantmoins desEphemerides pour vingt-trois ans,par de là le terme qu’ilavoit donné à la confidence des Cieux Sc de la Terre ? Un certain Arnauld Espa-gnol intimida tous ceux qui l’écouterent fur la venue de l’Ante-Christ, qu il tenoicpbur indubitable Tan 1345-, Sc il y en a qui se sont faits souvent regarder depuis endébitant de semblables marchandises, qu’on fçait estre expressément défenduesdans l’Euangile. Cambdentts a mis dans son Histoire que les Mathématiciens d 'AIle -magne ne se contentoient pas de dire, que Tannée mil cinq-cens quatre-vingts huitferoit pleine de merveilles, mais qu’ils la nommoient la climacterique du monde.

On les pourroit tous convaincre de vanité par un nombre infini de semblables im-postures , s’il en estoit besoin. En vérité ce ne fut pas fans raison que Caton dit qu’ilne pouvoit comprendre comment deux de ces Haruspices, ou de ces Augures de

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