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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Inventionde l'Impri-merie .

16 Description Generale

rois m empefcher de preferer comme luy Diogene à Dedale , Sc la demeure ordinai-re d’un homme de médiocre fortune, à ces superbes Palais qui s’élevent tous lesjours avec tant d’étages par des particuliers. Non seulement on battit comme siIon estoit immortel, au méme temps qu on se foule à devoir mourir des le lende-main , selon la reproche de ce Philosophe Cynique à ceux de Megare Le pis est àl’égard de 1* Architecture, qu il ne se fait plus de logement pour la commodité »tout y va à l’ostentation ; il faut passer cinq Sc six sales, chambres, ou antichambresinutiles devant que d’arriver au lieu où est f Alcôve : Sc toutes ces superstuités voientbien íouvent le jour aux delpens des misérables. Lesmaiíòns les plus commodesaux hòmmes font celles d'un seul étage dit Porphyre s leur exaltation semble témoi-gner le défaut de place, ou de terrain, Sc comme le Maistre ne peut habiter sanspeine la partie superieure, à cause de la nécessité de monter St de descendre, ilest presque impossible que d’autres l'occupent fans l’incommoder. C’est pour-quoy nous voyons dans les Relations de la Chine , que f Empereur se moquoit denos Princes, dont il apprenois que les Palais avoient de si hauts étages, soutenantqu’ils n’y pou voient demeurer lans péril, St sens estre sojets à beaucoup d’impor-tunités. Pour ce qui est de la grâce qui se trouve pour ce regard dans la propor-tion , quelques réglés d’Architecture qu’on puisse donner, tout depend presquede l'accoutumance de nostre veuë, qui veut icy des exhauísemens que celle desChinois ne peut souffrir, parce que leurs maisons n'ont jamais eu qu’un étage se-lon le rapport qu'on a m’en fait. De forte que l’on pourroit dire que chacune de nosVilles bien peuplées, seroient presque quatre ou cinq de la Chine b asti es lune surl’autre. La pluspart des murailles de leurs maisons font de briques, comme estantla matière la meilleure & la plus faine de toutes les matières pour la maíîònnerie.Vìtruve le prouve pour ce qui est de la durée par les plus anciens & les plus consi-dérables édifices de son temps qui estoient tous de brique ; âpres avoir observéque les maisons ordinaires ne s'evaluoient par les Legistes Romains que fur lepied dune durée de quatre-vingt ans, mais que celles de briques faites à plombestoient toujours réputées neuves, Sc autant estimées âpres ce terme que le pre-mier jour.

Les Chinois ne veulent pas de fenestres, qui regardent sor les rués, disans quecela est deshonneste : ils ont des appartemens secrets destinés pour leurs femmes,qui ne sont gueres plus agréables que nos rudes prisons. Q^ant à la somptuosité dede leurs Palais, noys en avons touché en divers endroits de nostre Premiere Partie.Les Lettres des Peres Jésuites portent que le Palais Royal à Catai a son toict cou-vert de pieces d or en forme de tuiles, St qu’ils ont veu plusieurs Temples sor lesmontagnes du méme Royaume tous couverts de la sorte. Le Grand Mogol , disent-ìls, a deux Tours de son Palais d 'Agram , dont la couverture est pareillement de finor, bien que la moindre ait dix pieds de Diamètre. La demeure du Roy de Golcon-da , qui n a pas moins de huit lieues de tour, est si magnifique que tout ce que nousfaisons icy de fer, les gonds, les verroiiils, les serrures, St choies semblables y sontd’or m assif. Ce sont des profusions que nous serions obligés de condamner, si ellesestoient imitables par decà, où l’on a souvent dit, St quasi toujours tres-mal à pro-

{ >os, que la chaux Sc le fable estoient détrempés avec le sang du peuple, encore quees pierres des bastimens n’y fuísent pas cimentées avec l’or ni l’argent, comme ja-dis ceux des Palais des Empereurs du Perou .

La nouveauté a de merveilleux charmes, Sc les^lus belles choses du monde per-dent beaucoup de leur recommendation quand elles deviennent ordinaires. C’est-ce qui pbligeoit les Anciens à mettre au nombre des Dieux les Inventeurs de cequi n avoit pas encore esté veu. Strabon nous assure que la Royauté &Atrée n’eutpoint d’autre fondement que la démonstration nouvelle qu’il donna du mouve-ment du Soleil, contraire à celuy du premier Ciel ; ni celle de Danaiis , que l’in-vention de quelques ínstrumens hydrauliques ou aquatiques, dont on n avoit pasencore ouï parler.

Mais s’il y a quelque invention qui ait deu rendre dans ce monde une personneconsidérable, Sc digne de vénération, c’est celle de Tlmprimerie, que Gardas abHorto , Jovius ; Mendo^a , Sc leurs adherans soutiennent avoir esté trouvée par unChinois avant la naiísence de Jesus Chrijl , auquel ils immolent journellement des