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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Yattgfu*

K idng pre-mière Ri-vière de laChine .

Hoang , se-conde rivie-

ïe.

§6 DESCRIPTION GENERALE

king , de Cheliìang , de Fokien , & autres, dont nous avons traitté assés au large ennoltre prejniere Partie*

CHAPITRE XI.

T) es Rivières , Fontaines & e .Montagnes de la Chine .

J e pourrois faire de ce chapitre un petit volume, si je voulois vous entretenir pardes réitérations ennuieufes. Quant aux Rivières, je vous en décriray seulementdeux comme estant les plus nobles & plus fameuses de cét Empire, Sc les merespreíque de toutes les autres qui arroufent ses campagnes & ses Villes.

Je donnerai la preference à celle dYangçu-Riang , que les Chinois par excellencenomment ^'^,comme s’ils disoientje fils aisné de la Mer. C’est cette Riviere quidivise Sc partage toute la Chine en Méridionale, Sc Septentrionale : Quand elle por-te ses eaux du Couchant vers l’Orient, elle prend des noms differens, selon la di-versité des endroits par où elle passe. Le premier est Mìnhiang , nom qu elle tire desmontagnes de Min , où elle prend fa íòurce ; Sc ces montagnes du costé le plus Oc-cidental de la Province de Suchuen , s avancent en longueur jusques à S if an, ou Paisdu Prete-Jean , commençant au Nord assés prés de la Ville Capitale de Guei s de fa-çon que cette riviere qui en fort, passe de là avec grande violence Sc furie devant laCapitale méme, où âpres avoir amassé ses eaux, les partage en un moment en di-verses branches à dessein de les répandre parmi tout ce pais, & de le rendre commeunelfle. Proche de la Cité de Sincin elle se nomme Fakiang s par aprés s’estantgrossie de quantité de ruisseaux fort peu considérables, prés de la Cité de Sui, elles en décharge dans le fleuve de Mahu. Elle prend le nom de Linkìang aux portesde la Cité de Liucheu . Dés qu elle voit les murailles de Chungking, elle est honnoréedu nom de Pa. Puis aprés changeant d avis, Sc ayant mouillé la Ville de Queicheu ,Sc entré dans la Province de Huquang , elle reprend son premier nom de Takiang ,non loin deìa Ville de Kjngcheu. Jusques icy elle serpente par des détours & détroitsdes vallées, y entraînant une fort grande quantité d’eaux, Sc souvent méme au tra-vers des rochers Sc précipices effroyablesjesquels pourtant les Chinois ne laissent pasde franchir armés d’addreíse Sc d’industrie.

Cette Riviere ralentit la course de ses eaux au sortir de la Ville de Rìngcheu , Scpasse au travers du Lac de Tungting , fans les mêler que fort peu, puis ayant ra-massé plusieurs ruisseaux, elle les vient offrir à la Province de Riangfi, leíqueî-les ayant fortifié de celles du Lac de Poyang , elle se fait nommer Yangçu-lQang.Ce méme fleuve roule ses eaux fort doucement, Sc à petit bruit depuis la Villede Kjeukiang jusques à la mer Orientale, qui est une étendue de plus de cent lieuesde chemin, laquelle n empesche pas pourtant que le flux Sc reflux de la mer ne sefasse connoistre juíques dans la dite Ville, au pied de laquelle elle a preíque deuxlieues de large, aussi bien qu en beaucoup dautres endroits, Sc spécialement en laProvince de NanMng , fur les frontières de laquelle elle se fait une ouverture, pouraller avec plus de facilité rendre ses hommages à la Mer ; c est ainsi que ce grand In-tendant du commerce Sc de la navigation de la Chine se va perdre dans ce vaste em-pire des eaux.

L’autre fleuve plus célébré de la Chine , est nommé Hoang , qui signifie Fleuve■jaune , ou Saffrané , le cours duquel est si rapide, Sc impétueux, qu’il est impossibled’y faire monter les navires, à moins qu on y employé force monde. Sa largeur esten plusieurs endroits de demie lieuë, Sc se longueur à presque huit cens milles. Ilpuise ses eaux entre les monts de ^uenlun qui sont au Midy, où demeurent ceuxqu on appelle Otunlao. L’eau qui y bout, sourd de plus de cent fontaines, vers lasuperficie de ce Lac qu’elles forment, Sc qu o n nomme la Mer de Sing-cieu , & abien quatre-vingts stades en carré. On en tire Sc divertit une eau par le moyen d uncanal, qui forme un autre Lac mais beaucoup plus petit. Ce grand Fleuve aprésavoir porté ses eaux vers le Nord, les force de se rendre vers l’Orient. Il passe enfuite par la Province de Xenfi, Sc reprend son chemin tout droit vers le Levant, oùs estant lassé de distribuer de ses eaux, se retire encore vers le Septentrion Sc par delà, pour se reposer dans des déserts sablonneux Sc infertiles. Voilà ce qu en dit 1 Hi-storien Chinois .

Quant