DU LEVANT. Lettre V.
au delà, au dessus du -> moulin du monastère de SaintMinas. Dans l’une de ces carrières est un bas re-lief antique travaillé fur. le marbre même, qui na-turellement dans cet endroit-là-est presque b taillé àplomb au fond d’une grande caverne qui sert de ber-gerie, & d’où l’on tiroit apparemment ce beau mar-bre à la faveur des - lampes. II est très-vraisem-blable que la montagne où est cette caverne, est lemont d Marpese, dont Servius & Etienne le Géo-graphe ont fait mention.
Ce bas relief a quatre pieds de long, & ík plusgrande hauteur est de deux pieds cinq pouces : lebas en est équarri : le haut est assez irrégulier, par-ue qu’il fallut s’accommoder à la figure du rocher.Quoique cet ouvrage ait été fort maltraité par letemps, il paroît pourtant que c’est une eípéce debacchanale ou fi l’on veut de noce de village à 29.figures d’un assez bon goût, mais d’unc mauvaisecomposition. De vingt de ces figures qui font furla même ligne , les six plus grandes ont dix-septpouces de haut : ce font des Nymphes qui dansentun branle : il y en a une autre assise sur la gauche,qui semble se faire presser pour danser. Parmi cesfigures paroît la tête d’un satyre à longue, barbe,qui rit de toute là force. A droite sont placéesdouze figures plus petites , qui semblent n’être ac-courues que pour voir la fête. Bacchus est assistout au haut du bas relief avec des oreilles d’âne &une bedaine d’yvrogne, entouré de figures de diffé-rentes attitudes ; mais d’un air tout à fait réjouï,fur tout certain satyre placé de front avec des oreil-les & des cornes de bœuf. Les têtes de ce bas re-lief n’ont jamais été finies : c’est le caprice de quel-que sculpteur qui se divertissait en faisant chargerson marbre, & qui écrivit au bas de son bas relief,
A A A M A s
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Adam A S On R Y se s a dressé ce monument<mx filles du f ays. Anciennement les Dames s’ap-pelloient des Nymphes , comme nous l’apprendeDiodore de Sicile,& Barthiusdémontré aflèz bienque ce nom étoit consacré pour celles qui 11’é-toient pas mariées.
f Enfin le. marbre de cette Isle devint si fa-meux , que les plus habiles sculpteurs n’en em-ployaient pas d’autrc. g Strabon a raison de direque c’est une excellente pierre pour faire des.sta-tués , & Pline admirait qu’on en fût venu cher-
3 Lapis Lydinites.qaoniam ad îucerhas iivcuniculis cœderetur.T lin. lib. ZS. cas» 5.
b Ai-S'of ^Ath . Deípn, lib. 5.
c MAN 1 E 22 A opoç n «pou dp' a ol \i^. 9 t’ì(n,ipovrsit. Stiph.d Marpel'os mons est Pari* infulae. 'Strvius in v£ntìd. 6.e Biblìot. hijt. lib. 3. Jlnimad- ad 1 Stat. part. z.f .Oinnes autem tantuna candido maircoic idi fuat à Paio inûi-
cher d’Egypte pour en décorer le frontispice de cecélébré labirinthe , qui pastòit pour une des mer-veilles du monde. A l’égard des statués, les plushabiles gens conviennent que le marbre d’Italie estpréférable à celui de Gréce. Pline soûtient avecraison que celui de h Luna est bien plus blanc. Lemarbre Grec est à gros grains crystallins, qui fontde faux jours & qui sautent par petits éclats si onne le ménagé avec foin : au lieu que celui d’Italieobéît au ciieau , parce qu’il a le grain beaucoupplus fin & plus uni.
La carrière de marbre, qui est en Provence cu-ire Marseille & les Pennes paroît de même grainque le marbre Grec : peut-être scroit-il plus douxsi l’on creusoit jusques à une certaine profondeur.On trouve aussi dans ces quartiers-là une pierrefort dure semblable au porphyre ;. mais dont les ta-ches font pâles, il est vrai qu’il faudroit ouvrir cescarrières pour en connoître les beautez. Qui auroitjamais crû qu’on trouvât une représentation de Si-lène dans celles de > Paros, si l’on n’avoit fouillébien avant pour découvrir cette merveille.
Après avoir visité ces carrières ,, nous allâmesnous promener dans les principaux endroits de l’I-sle. , 11 reste encore à Nausa ou Agouía un Fortruiné, bâti dans la mer, & fur les mazures duquelse voyent les armes de Venise , les autres princi-paux villages font Costou, Lephchis,. Marmara rChepido & Dragoula. Ces trois derniers villagesfont à Kephalo , quartier de l’Iste fort connu par.le fort Saint Antoine, dont Barberousse ne vint àbout que pareeque les soldats y raouroient de soif,Venier Seigneur de l’Iste qui î’avoit deffendu si vi-goureusement se íàuva à Venise , où il avoir faitpasser sa femme & ses enfans. .Le fort est démoli,& il n’y reste plus que le monastère de Saint An-toine. On se sert aujourd’hui du marbre des car-rières de ce quartier-là , & fur tout de celles deMarmara , d’où on l’apporte par bateaux à Pare-chia : au lieu que celui des anciennes carrières n’ypeut venir que par charroi, voiture fort rare dansles Isles.
k Pline a bien marqué la grandeur de l’Ifle deParos. en affinant qu’elle n’est que la moitié decelle de Naxos, à laquelle il donne 75. milles detour : fur ce picd-là Paros n’en doit avoir que 36.ou 37. mesure ordinaire des gens du pays. On ycompte environ iyoo.- familles , taxées ordinaire-ment à 45-00. écus de capitation ; mais en x 700.on leur en fit payer 6000. & 7000. pour la tailleréelle. 11 est vrai que cette Isle est bien cultivée :on y nourrit beaucoup de troupeaux: le commercey consiste en froment, orge, vin, légumes, sesa-K 3 me,
îa. Plìh. htjî, nat. lib. iú.’cap. 5.
g A pí<?H -rpç <r*y-f/.ecp/ueopiybutitLV, T^ertent Geojf. lib. 7 0.h Plm, tbtd* On croit que ce font les carriéres de M.ijfe & de C-îrttre.
1 In Pariornm Inpkìicinis mirabilc proditur,g 1 eba lapidis urius,çuneis diwidenuum,sDjuca » imagíncm Siieni iutus extiiUTe, fbn.Hijì. nat. Itb z6. cap. 5.k Hfft, nM. cap. ir.