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Relation D'Un Voyage Du Levant, Fait Par Ordre du Roi : Contenant L'Histoire Ancienne & Moderne de plusieurs Isles de l'Archipel, de Constantinople, des Côtes de la Mer Noire, de l'Arménie, de la Géorgie, des Frontières de Perse & de l'Asie Mineure / Par M. Pitton de Tournefort : Avec Les Plans des Villes & des Lieux considerables; le Genie, les Meurs, le Commerce & la Religion des differens Peuples qui les habitent; Et l'Explication des Médailles & des Monument Antiques. : Enrichie de Descriptions & de Figures d'un grand nombre de Plantes rares, de divers Animaux; Et de plusieurs Observations touchant l'Histoire Naturelle
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DU LEVANT. Lettre V.

au delà, au dessus du -> moulin du monastère de SaintMinas. Dans lune de ces carrières est un bas re-lief antique travaillé fur. le marbre même, qui na-turellement dans cet endroit--est presque b taillé àplomb au fond dune grande caverne qui sert de ber-gerie, & d lon tiroit apparemment ce beau mar-bre à la faveur des - lampes. II est très-vraisem-blable que la montagne est cette caverne, est lemont d Marpese, dont Servius & Etienne le Géo-graphe ont fait mention.

Ce bas relief a quatre pieds de long, & ík plusgrande hauteur est de deux pieds cinq pouces : lebas en est équarri : le haut est assez irrégulier, par-ue quil fallut saccommoder à la figure du rocher.Quoique cet ouvrage ait été fort maltraité par letemps, il paroît pourtant que cest une eípéce debacchanale ou fi lon veut de noce de village à 29.figures dun assez bon goût, mais dunc mauvaisecomposition. De vingt de ces figures qui font furla même ligne , les six plus grandes ont dix-septpouces de haut : ce font des Nymphes qui dansentun branle : il y en a une autre assise sur la gauche,qui semble se faire presser pour danser. Parmi cesfigures paroît la tête dun satyre à longue, barbe,qui rit de toute force. A droite sont placéesdouze figures plus petites , qui semblent nêtre ac-courues que pour voir la fête. Bacchus est assistout au haut du bas relief avec des oreilles dâne &une bedaine dyvrogne, entouré de figures de diffé-rentes attitudes ; mais dun air tout à fait réjouï,fur tout certain satyre placé de front avec des oreil-les & des cornes de bœuf. Les têtes de ce bas re-lief nont jamais été finies : cest le caprice de quel-que sculpteur qui se divertissait en faisant chargerson marbre, & qui écrivit au bas de son bas relief,

A A A M A s

O A P r S H s

N Y M <& A I 2.

Adam A S On R Y se s a dressé ce monument<mx filles du f ays. Anciennement les Dames sap-pelloient des Nymphes , comme nous lapprendeDiodore de Sicile,& Barthiusdémontré aflèz bienque ce nom étoit consacré pour celles qui 11é-toient pas mariées.

f Enfin le. marbre de cette Isle devint si fa-meux , que les plus habiles sculpteurs nen em-ployaient pas dautrc. g Strabon a raison de direque cest une excellente pierre pour faire des.sta-tués , & Pline admirait quon en fût venu cher-

3 Lapis Lydinites.qaoniam ad îucerhas iivcuniculis cœderetur.T lin. lib. ZS. cas» 5.

b Ai-S'of ^Ath . Deípn, lib. 5.

c MAN 1 E 22 A opoç n «pou dp' a ol \i^. 9 tì(n,ipovrsit. Stiph.d Marpel'os mons est Pari* infulae. 'Strvius in v£ntìd. 6.e Biblìot. hijt. lib. 3. Jlnimad- ad 1 Stat. part. z.f .Oinnes autem tantuna candido maircoic idi fuat à Paio inûi-

cher dEgypte pour en décorer le frontispice de cecélébré labirinthe , qui pastòit pour une des mer-veilles du monde. A légard des statués, les plushabiles gens conviennent que le marbre dItalie estpréférable à celui de Gréce. Pline soûtient avecraison que celui de h Luna est bien plus blanc. Lemarbre Grec est à gros grains crystallins, qui fontde faux jours & qui sautent par petits éclats si onne le ménagé avec foin : au lieu que celui dItalieobéît au ciieau , parce quil a le grain beaucoupplus fin & plus uni.

La carrière de marbre, qui est en Provence cu-ire Marseille & les Pennes paroît de même grainque le marbre Grec : peut-être scroit-il plus douxsi lon creusoit jusques à une certaine profondeur.On trouve aussi dans ces quartiers- une pierrefort dure semblable au porphyre ;. mais dont les ta-ches font pâles, il est vrai quil faudroit ouvrir cescarrières pour en connoître les beautez. Qui auroitjamais crû quon trouvât une représentation de Si-lène dans celles de > Paros, si lon navoit fouillébien avant pour découvrir cette merveille.

Après avoir visité ces carrières ,, nous allâmesnous promener dans les principaux endroits de lI-sle. , 11 reste encore à Nausa ou Agouía un Fortruiné, bâti dans la mer, & fur les mazures duquelse voyent les armes de Venise , les autres princi-paux villages font Costou, Lephchis,. Marmara rChepido & Dragoula. Ces trois derniers villagesfont à Kephalo , quartier de lIste fort connu par.le fort Saint Antoine, dont Barberousse ne vint àbout que pareeque les soldats y raouroient de soif,Venier Seigneur de lIste qui îavoit deffendu si vi-goureusement se íàuva à Venise , il avoir faitpasser sa femme & ses enfans. .Le fort est démoli,& il ny reste plus que le monastère de Saint An-toine. On se sert aujourdhui du marbre des car-rières de ce quartier- , & fur tout de celles deMarmara , d on lapporte par bateaux à Pare-chia : au lieu que celui des anciennes carrières nypeut venir que par charroi, voiture fort rare dansles Isles.

k Pline a bien marqué la grandeur de lIfle deParos. en affinant quelle nest que la moitié decelle de Naxos, à laquelle il donne 75. milles detour : fur ce picd- Paros nen doit avoir que 36.ou 37. mesure ordinaire des gens du pays. On ycompte environ iyoo.- familles , taxées ordinaire-ment à 45-00. écus de capitation ; mais en x 700.on leur en fit payer 6000. & 7000. pour la tailleréelle. 11 est vrai que cette Isle est bien cultivée :on y nourrit beaucoup de troupeaux: le commercey consiste en froment, orge, vin, légumes, sesa-K 3 me,

îa. Plìh. htjî, nat. lib..cap. 5.

g A<?H -rpç <r*y-f/.ecp/ueopiybutitLV, T^ertent Geojf. lib. 7 0.h Plm, tbtd* On croit que ce font les carriéres de M.ijfe & de C-îrttre.

1 In Pariornm Inpkìicinis mirabilc proditur,g 1 eba lapidis urius,çuneis diwidenuum,sDjuca » imagíncm Siieni iutus extiiUTe, fbn.Hijì. nat. Itb z6. cap. 5.k Hfft, nM. cap. ir.