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Relation D'Un Voyage Du Levant, Fait Par Ordre du Roi : Contenant L'Histoire Ancienne & Moderne de plusieurs Isles de l'Archipel, de Constantinople, des Côtes de la Mer Noire, de l'Arménie, de la Géorgie, des Frontières de Perse & de l'Asie Mineure / Par M. Pitton de Tournefort : Avec Les Plans des Villes & des Lieux considerables; le Genie, les Meurs, le Commerce & la Religion des differens Peuples qui les habitent; Et l'Explication des Médailles & des Monument Antiques. : Enrichie de Descriptions & de Figures d'un grand nombre de Plantes rares, de divers Animaux; Et de plusieurs Observations touchant l'Histoire Naturelle
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DU LEVA

taginois eurent de íi cruelles guerres : il est pour-tant certain que le surnom d’hcureux > convientmieux à son pere, que a Diodore de Sicile appelletrès-fortuné : le fils an contraire fut le plus mal-heureux de tous les hommes ; fur la fin de ses joursil fut obligé d’élever des enfans pour gagner fa vie.Si l’inscription parle du premier Tyran de Syracuse,il y a apparence que ce destructeur des Templesavoit voulu réparer ses impietez par les presens qu’ilfit à Apollon. Ne pourroit-on pas penser que leDenys dont il s’agit, fut un des Tyrans d’Heracléedu Font qui régna fort heureusement pendant 30.ans suivant b Memnon : <= Diodore de Sicile pous-se son régné jusques à 32. ans , & d Athenée jus-ques à 33. II mérité plus le nom d’heureux queles Denys de Syracuse, qui furent l’horrcur de leursiécle.

De cette architrave tirant vers la mer , on mar-che dans les ruines d’une partie de la ville , toutle long de la côte. A deux pas de la même archi-trave on rencontre quelque restes 19 de lions demarbre tous en pièces ; quoique plus ai fez à con-noître que ceux qui íònt à côté du Temple d’A-pollon; le S r . Ostovichi, l’un des meilleurs bour-geois de Mycone, qui chaise tous les jours à De-los, nous ailùra qu’il y en avoit vù cinq entiers ily a quelques années.

On découvre ensuite les ruines 20 d’un bâti-ment très-magnifique tout au bout du bassin ovalequi regarde le Temple d’Apollon ; une infinité decolonnes de marbre , montrent encore qu’ellesavoient été alignées fur un quarté aussi large quele petit diamètre de ce bassin : c’étoit peut-être unportique bâti par Denys Eutyches dont nous ve-nons de voir l’inscription ; car l’architrave & l’au-tcl, où le nom de cc Prince est gravé, sont tout prèsde ces ruines ; quelques-unes des colonnes font en-core debout, la plupart font renversées & cassées ;il y en a d’unies de 20. pouces de diamètre , &d’autres taillées à pans de 18. pouces seulement;entremêlées les unes & Les autres de quelques grospiliers de granit.

De ce portique vers le petit port 14 tout est pleinde colonnes du marbre & de piliers de granit : cescolonnes ont deux pieds de diamètre, & leurs ca-nelures font larges de 4. pouces : e ces débris 21font si magnifiques, que nous les prîmes pour lesrestes du l'emple de Tatoue.

On compte environ 240. pas du bassin ovale auTemple d’Apollon 22. dont les ruines brillent en-core plus que celles des autres édifices de l’Isle : ceT emple si recommandable parmi les anciens, situéà près de cent pas du petit port, étoît l’ouvrage detoutes les Puissances de la Gréce qui avoient con-

a Bìílíotb. tìist.lib . I42

b ^pud Phot. Bìbìiotb. cap. 5.

C Bìbliotb. Hijì. lib. 14. A- LS.d D&p', lib. 12. cap. 26.

-€ T* Axvâív, Strab. ‘Heritm Cf«£. ID,

N T. Lettre Vil. ïiy

tribué à fa construction & à son entretien, f Plu-tarque nous apprend qu’il renfermoit une des septmerveilles du monde : c’étoit un autel construitavec des cornes disposées d’une adrefiè merveilleu-se, fans colle ni chevilles : il est à craindre quecet Auteur n’exagére la beauté de cette pìéce autantque celle des nids des Alcyons.

Les restes de la statue d’Apollon 23 font pres-que à l’entrée de ces ruines & consistent en deuxpièces ; le dos est d’un côté, le ventre & les cuiseses de l’autre : on ne lui a laissé ni tête, ni brasni jambes : c’étoit une statué colossale .d’un seulbloc de marbre, & dont les cheveux tomboient furson dos par grostes boucles : ce dos a six pieds delarge, mais l’on n’y voit plus de marques d’aucunornement, & les plus vieux habitans de Myconene sc souviennent pas d’avoir vû cette figure entiè-re ; le tronc en est tout nud, & il a dix pieds de lahanche au genou : les sculpteurs de ce temps-làétoient trop habiles pour avoir placé une si grandefigure à une hauteur ordinaire : il y a toute appa-rence qu’elle étoît destinée pour le frontispice duTemple d’où elle n’auroit paru que de grandeurnaturelle, & l’on peut juger par là de l’élevation decet édifice : on peut conjecturer auffi par les rui-nes, qui ont plus de 300. pas de long, que le fron-tispice de ce Temple regardoit la grande Delos,& qu’il étoit couvert par un dôme d’un grand dia-mètre.

Ces ruines font présentement de gros morceauxde colonnes brisées, d’architraves, de bazes, dechapiteaux entassez, confusément; parmi tant depièces, vers le bas de ces débris est un quartier demarbre bien équarri , qui fans doute a servi deplinthe à la statué d’Apollon : ce marbre qui a iy.pieds & demi de long , dix pieds neuf pouces delarge, & deux pieds trois pouces d’épaisteur , estpercé au milieu comme si l’on avoit voulu le vui-der pour le rendre plus leger : on lit en parfaite-ment beaux caractères fur son épaiíseur qui est tour-née du côté de la mer :

NASIOI AHOAAÍÎNÍ.

g Plutarque rapporte dans la vie de Nicias, quecet illustre Athénien fit dresser auprès du Templede Delos un grand Palmier de bronze qu’il consa-cra à Apollon, & que les vents renversèrent ensui-te cet arbre sur une statué colostale élevée par leshabitans de Naxos : il est hors de doute que c’étoitla statué d’Apollon dont on vient de parler : pourl’inscription, il est certain qu’elle est de cc temps-là, & qu’elle marque que la pierre sur laquelle onla lit, scrvoit de plinthe à la statué ; mais il fautP 2 con-

f De Sôìert. animai.

g O’ <T« sMt'vôç V7TQ t»v irnvfÁ'írw d'JTOKXAçùç Intrir6

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