DU LEVA
des Mahométans rejailliroit fans doute fur les au-tres Caloyers bien moins disposez que lui à se faireempaller.
La loge que ce solitaire avoit occupée à Delosn’est pas loin de la citerne 34. qui fut d’un íi grandsecours à M's. Spon & Wheler, placée fur la_ crê-te de la montagne vis-à-vis le grand Rematiari :cette citerne paroît avoir servi de cave à quelquemaison considérable : les voûtes en font d’une gran-de beauté.
Après avoir fait le tour du mont Cynthe, nousprîmes le chemin du port Fourni 3 y. & laissâmes àmain gauche vers le midi quelques autres collinesplus baises, entrecoupées de ces vallées a qu’Euri-pide a nommées fertiles : aujourd’hui elles font simaigres qu’on les laisse en friche, au lieu que l’oncultive avec foin celles de l’Isie Rhenée. Nous dé-couvrîmes fur le chemin du port quelques colonnesde marbre 36. lesquelles paraissent avoir servi à unTemple : on en.voit de granit coupées fur le lieu ,mais dégrossies & .qu’on n’a jamais mises en œu-vre, non plus que d’effroyables blocs de la mêmepierre,, destinez fans doute, à de grands ouvrages :ainsi le granit ne fe tirait pas seulement du montCynthe, mais encore des collines voisines, qui fontentre le couchant & le midi.
Le port Fourni, dont l’entrée est entre le sud &le íud-ouest, répond vers la pointe méridionale dugrand Rematiari : mais ce port n’est bon que pourde petits bâtimens.: le long de la côte en venant aupetit port, on. 11e trouve dans l’eau même que son*demens ;. ainsi le port Fourni .qu’on appelle aussi legrand port, étoit à une des extrémitez de la ville :il y a plus de 60. piliers de granit 3.7. fur cette cô-te, dont la plupart font debout , restes peut-être dequelques magazins- ou boutiques de Marchands ;comme les anciens n’employoient pas du bois dansleurs bâtimens, les piliers de pierre y tenoîent lieude poteaux, & l’architrave qu’on mettoît par delîusformoit l’entrée d’une boutique : fur la droite 38,un peu plus haut. que ces piliers, on rencontrequelques colonnes de granit posées fur la même li-gne, comme si c’étoient les ruines de quelque por-tique.
b Le petit port 14étoit aussi bordé de bâtimens;quelque part que l’on creuse, on n’y découvre quedes pavez à la Moïíàque, composez de petits dezde marbre blanc & noir, engagez dans une couchede mortier d’un pied d’épaistêur r les calques fontdans ce port à l’abri du vent du nord ; car ce portfait deux coudes l’un à droite & l’autre à gauche ;celui qui est à droite vers la pointe du petit Rema-tiari est accompagné d’une c feche à fleur d’eau oùles vagues viennent se briser.
Au commencement de l’année 1701. onnevoyoitaux environs du mont Cynthe que petites rigoles;
a 6 v xdpTrofóoï tç yv&>hts. Iphîg.
b A if/nmett xstl Al,uía>v.
C On appelle ainsi dans la Medtttrranct m petit banc de fable cf* de
N T. Lettre VII. iry
la plus considérable couloit du fud-est, vers le sud,& formoit une efpcce de lac dont le dégorgementpassant au pied de la montagne, venoit sc perdrevers les ruines du temple marqué 31. fur la fin deJanvier toutes ces rigoles étoient a sec, & il nerestoit que le lac réduit à une mare : il n’y a doncpas d’apparence que la rivière InoVus , que Stra-bon fait couler dans cette Isle, fut de ce côté-là.Pline a eu plus de raison de donner ce nom à lafontaine 3. qui est dans la langue déterre i. où nousdébarquâmes : nous avons li bien parcouru cette-Isle dans les quatre voyages que nous y avons faits,que nous pouvons astúrer qu’il n’y a point d’eaucourante.
A i’égard de la pierre employée dans tous cesgrands édifices de Delos , on n’y remarque quedu marbre blanc, du granit, dumoilon rouslìtre&des briques ; nous n’avons vû qu’un seul quartier dejaspe rouge & blanc, semblable à celui dc Langue-doc : on croit que la plus grande partie du marbreblanc étoit venue de Paros & de Tenos, où l’onvoit de grandes carrières du côté qui regarde l’Isled’Andros ; celle de Naxos est .aussi remplie de beaumarbre : pour le granit , Delos & Mycone n’enmanquent pas.
II seroic inutile de rapporter ici les disserensnomsdonnez autrefois à l’Isle dc Delos ; celui de d L agi apar exemple, ne lui convient pas; il n’y a plus delièvres dans cette Isle, mais beaucoup de lapins lo-gez magnifiquement dans le marbre; ordinairerqentces.-deux -sortes d’animaux se détruisent l’ùn l’autre& ne sçauroient vivre ensemble : les cailles avoientfait donner le nom d 'Ortygia aux deux Delos ; maisce nom conviendrait mieux à toutes les Isles del’Archipelpuisque ces oiseaux en couvrent tousles écueils dans certaines saisons de l’année. e LeScholiaste d’Apollonius prétend que Delos fut nom-mée Ortygia du nom d’une sœur de Latone, & queDelos fut le premier nom de l’Isle; suivant les ap-parences ce nom lui fut donné par les habitans desIsles voisines ; dans le temps de l’inondation causéepar le dégorgement du Pont-Euxin dans l’Archi-pel : cette Isle qui avoit été couverte des eaux, re-parut & se manifesta comme son nom le marque.
Il n’y a pas de perdrix aujourd’hui dans Delos,mais beaucoup de bécasses : nous y vîmes quel-ques vipères & des crocodiles de terre ; ce font'de beaux lézards de neuf ou dix pouces de long ,tout-à-fait semblables aux crocodiles ordinaires ; lapeau de ceux de terre qui est grisâtre est relevée de.petites éminences assez pointues en quelques en-droits L. comme écailleuse: ces animaux 11e fontpoint malfaisans, & les enfans qui les prenoient àMycone dans les trous des murailles, nous en ap-portoient plus que nous n’en souhaitions : les mu-lots font aussi frequens dans Delos, où ils nc vi-vent
rocher qui est à fleurd A ay t a.
e In vtrf IIL-. lib, ï,