DU L E V
en parle comme des meilleurs vins de Gréce, van-te fur tout ceux d’un quartier de Pille opposé àcelle de » Psyra ou Psara comme l’on prononceaujourd’hui; & Psara n’esl connue dans le Levantque par cette liqueur. Il n’y a pas long-temps queles troupes de Mezomorto ont détruit les vignesd’Antiplâra qui rapportoient aussi beaucoup de vin.b Pline parle très-íouvent des vins de Scio, & citeVarron le plus sçavant des Romains , pour prou-ver qu’on l’ordonnoit à Rome dans les maladiesde l’eslomac. Varron rapporte aussi qu’Horteníiusen avoir laissé plus de dix milles pieces à son hé-ritier. c César, ajoute Pline, en regaloit ses amisdans ses triomphes & dans les festins qu’il donnoitau grand Jupiter & aux autres divinisez ;mais Athc-née entre dans un plus grand détail d fur la nature& fur les qualitez des vins de Scio ; ils aident, dit-il, à la digestion, ils engraissent, ils font bien fai-sans , & l’on n’cn trouve point de si agréables, furtout ceux du quartier d’A ri use où l’on en fait detrois fortes, continue cet Auteur ; l’un a tant soitpeu de cette verdeur qui se convertit en fève, moi-leux , nourrissant & passant aisément ; l’autre quin’esl pas tout à fait fans liqueur , engraisse & tientle ventre libre ; le dernier participe de la délicateslè& de la vertu des autres.
A Scio l’on cultive la vigne fur les coteaux, &l’on y coupe les raisins dans le mois d’Août pourles laiíïèr sécher pendant huit jours au soleil,après quoi on les foule , & on les laisse cuverdans des celliers bien fermez : pour faire le meil-leur vin, on mêle parmi les raisins noirs,une efpe-ce de raisin blanc , qui sent comme le noyau dePêche ; « mais pour faire le Nectar, qui porte en-core aujourd’hui le même nom , on employé uneautre forte de raisin, dont le grain a quelque chosede stiptique & qui le rend difficile à avaler : f lesvignes les plus estimées font celles de Mesta, d’oùles anciens tiraient ce Nectar ; on en rechercheles crossettes, & Mesta est comme la capitale decc fameux quartier , que les anciens appelloientAriousia.
II n’cst pas malaisé de comprendre par là pour-quoi l’on volt dans g Goltzius des grappes de rai-sin íur quelques médailles de Scio : on y repre-fentoit aussi des I- cruches pointues par le bas & àdeux anses vers le col ; cette figure étoit proprepour en faire séparer la lie, qui se précipitoit touteà la pointe après qu’on les avoir enterrées ; ensuiteOn en pompoit le vin ; mais il n’esl pas lî aisé derendre raison pourquoi l’on rcpresentoit des Sphinxíur les revers de ces médailles , si ce n’est que leSphinx eût servi de symbole aux Sciotes, de mê-me que la Chouette aux Athéniens.
a H* A pioviri* aptç-ov pípMra r<»v iMmiceSr, Sirab,
Geogr. Ui>. z. à 14.b Hijt. nat. Iib. 14. cap. 7. 14. H- i§.c Cajar. Epul» apud P lin .d Dcipn. Iib. î.
c Ai 7 cl $ vïmí , î'oíTrt)cwcì, PerGcum*
A N T. Lettre IX. 145
On ne recueille pas beaucoup d’huile dans Scio,les meilleures récoltés n’en donnent qu’cnviron200. muids; chaque muid pèse400. oques, & ro-que n’est à Scio que de trois livres deux onces. LesFrançois tirent assez de miel & de cire de cetteIsle ; mais la soye est la marchandise la plus consi-dérable du pays: on y en fait tous les ans, suivantleur maniéré de compter ; plus de soixante millemasses ou 30000. livres , la masse ne pesant quedemi livre de nôtre poids : presque toute cette soyeest employée dans l’Ifle aux manufactures de ve-lours, damas, & autres étoffes destinées pour l’A-lìe, l’Egyptc & la Barbarie : on mêle quelquefoisde l’or & de l'argent dans ces étoffes , suivant leoût des Ouvriers ou des Marchands : chaque livree soye doit à la Douane quatre i timins, c’est-à-dire 20. fols de nôtre monnoyc ; en 1700. elle sevendit jusques à 3y. timins la livre; celui qui sa-chete est obligé de payer la Douane. Les Turcs& les François payent trois pour cent de toutes lesmarchandises de l’Isle : les Grecs, les Juifs & lesArméniens payent cinq pour cent. Cette Douaneest affermée k 2 f. mille écus au profit du grandThresorier de Constantinople.
Les autres denrées de l’Isle font la laine , lesfromages, les figues & le mastic : le commercede la laine & des fromages n’esl pas si considérableque celui des figues : outre celles que l’on consom-me à faire de seau de vie, on en charge encore desbateaux pour les Isles voisines : ces figues y vien-nent par caprification ; mais pour les conserver onest obligé de les passer par le four, où elles perdentleur goût. II n’y a point de salines dans Scio ; onva chercher le sel à Naxie ou à Fochia.
Avant que de parler du mastic , il faut remar-quer que son distingue les villages de l’isle en troisclasses ; sçavoir ceux del Campa ceux d ' Apanomerìa,& ceux où son cultive les Lentisques, arbres quidonnent le mastic en larme : les villages del Cam-pa ., ou ceux qui font aux environs de la ville Rap-pellent Balilionica, Thymiana, Charkios, Neoco-rio, Berberato, Ziphia, Batili, Daphnona, Ca-ries & Petrana ; ce dernier est presque aban-donné.
Les villages d’Apanomeria font Saint George,Lithilimiona, Argon! où l’on fait le charbon, Ano-bato, Sieroanta, Piranca, Purperia, Tripez,Sain-te Helene, Caronia, Keramos, Aleutopoda, Amar-ca, Fita, Cambia, Viki, Amalthos, Cardamila,Pytios, Majatica, Volilïo fur la côte duquel ondit que l’on voit la mer bouillir ; apparemment cefont des bouillons d’eau chaude semblables à ceuxde Milo. i Spartonda est encore un village dansle même quartier au pied du mont Pelincé la plus
haute
f Kmomlivnt.
g De lnfal. Grœc. Tetb. 15, (Jr 1 6 ,h Diota.i Timins, s. f.k 50. bourses.
■ 1 Tò O/c f.