DU L E V
Diane, le taureau marquant l’abondance des pâtu-rages de Flsle & la protection de cette Déesse. Cet-te médailles a été Frappée dans l’Isle dont nous par-lons , & non pas dans une. autre Isle de même nom,dans ie sein Persique. » Denys d’Alexandrie avan-ce qu’on sacrifioit dans celle du sein Persique aApollon Tauropole. Euslhate son Commentateurdit seulement que c’étoit une Isle très-celebre,maisil ajoûte qu’on veneroit aussi fort respectueusementApollon & Diane Tauropoles dans l’Isle d’Icariede la mer Egée:d’où il faut conclurre que ces Di-vinisez faisoient l’objet du culte des habitans de cesdeux Isles. Tauropole dans cet endroit signifieprotecteur des taureaux , & non pas marchand,ainsi que le nom semble le faire entendre. II se-roit ennuyeux de rapporter ce que les anciens Au-teurs ont pensé sur ce nom , il faut s’en tenir àSuidas : il suffit de remarquer que Diane Tauro-pole n’étoit pas seulement honorée dans les Islesd’Icarie , mais encore dans celle d’Andros & àAmphipolis en Thrace, comme nous rapprenonsde b Tite-Live. U ne faut pas confondre le nomde Tauropole avec celui, de Taurobole qu’onavoir auffi donné à Diane. Le Taurobole propre-ment étoit un sacrifice tout particulier que Pru-dence a fort bien décrit, & qui a été depuis peu
très-savamment expliqué par M r . de Boze.
c Le Fanar ou Fanari de Nicarie est une vieilletour , qui servoit de fanal pour éclairer le passagedes vaisseaux entre cette Isle & celle de Samos ; carce canal est dangereux quand la mer est grosse,
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quoiqu’il ait 18. milles de large. Celui de Nica-rie à Mycone a près de 40. milles, & il en fautfaire plus de 60. pour aller d’un port à l’autre.Mrs. Fermanel & Thevenot se sont trompez enparlant de Nicarie : ils l’ont prise pour Nilsaro, oùsont les plus fameux plongeurs de T Archipel. Leshabitans de Nicarie font de pauvres gens, qui nese mêlent que de couper leur bois : ils n’ont niCadi ni Turc chez eux : deux administrateurs quifont annuels , font toutes les affaires du pays.En 1700. ils payèrent yiy. écus pour la capitation,& 130. écus au douanier de Scio pour la taille, &sur-tout pour avoir la liberté d’aller vendre leurbois hors de l’Isle. On ne se sert à Nicaria que demoulins à bras, que l’on fait venir de Milo ou del’Argcntiere ; mais les pierres de Milo font lesmeilleures. Ce moulins consistent en deux pierresplates & rondes d’environ deux pieds de diamètre,que l’on fait rouler l’une fur l’autre par le moyend’un bâton qui tient lieu de manivelle. Le blétombe fur la pierre inferieure par un trou qui estau milieu de la meule supericure, laquelle par sonmouvement circulaire le répand sur la meule infe-rieure, ou il est écrasé & réduit en farine. Cettefarine s’échapant par les bords des meules, tombefur une planche, où on la ramasle : le pain qu’onen fait est de meilleur goût que le pain de farinemoulue aux moulins à vent ou à eau : ces moulinsà bras ne se vendent qu’un écu ou un écu & de-mi piece. .
J’ai l’honneur d’être avec un profond respect, &c.
LETTRE X.
DESCRIDTION DES ISLES DE SAMOS, DE D ATM O S,DE FOVRNI , ET DE SKTROS.
JS^Onseigneur,
Pour continuer la description de l’Archipel, j’au-rai l’honneur de vous parler ici de Samos, de Par-mes, & de.Skyros, que nous ne vîmes cependantqu’à nôtre retour d’Anatolie.
Nous partîmes d de Scalanova pour Samos, le25. Janvier 1702. fur la tartane du Capitaine Du-bois , qui raslëmbloic fur les côtes d’Aíie des pèle-rins Turcs pour les conduire à Alexandrie. Cespèlerins s’appellent Agis, & vont d’Alexandrie àla Meque. L’occasion nous parut favorable, pournous mettre à couvert des bandits qui occupoientles e Boghas de Samos. On appelle de ce nom
a Vers. 608, ire,b Ltb. 44»
C 9 avstp)f. Lanterne, fanal .
d « irpúrtpai ^gy ay m ft Strab,
(j€ 3 £t. lib « 14 *
les détroits qui font aux deux pointes de l’Isle.Le petit Boghas est à l’est-sud-est , & son ernbou-cheure regarde le midi. Strabon ne lui donne quef 875. pas de large, quoiqu’il en ait plus de millefur environ trois milles de long. II sépare l’Isle deSamos de la terre ferme d’Asie ; g ce détroit estenfermé , comme dit le même Auteur , entre leii cap de Neptune & la montagne - de Mycale,qui est tout vis-à-vis en Asie. Cette montagne laplus élevée de la côte , & partagée en deux som-mets , sc trouve aujourd’hui dans le même état queStrabon l’a décrite, c’est-à-dire, que c’est un très-beau pays de chaste , couvert de bois & plein debêtes fauves ; on la nomme la montagne de Sam-son à cause d’un village de même nom , qui n’enV 2 est
e Embouchures, canaux, détroits. Bogazi, tn Turc.
f Sept stades.
g Xï'/uoc Uçfb/tct. Eretum Samium. Strab. ibid.
h T-ò IIg— j J.iv, Strab.
i H’ tò ôf í{ tîdvipov x«ù ùfitfyct, Strab, ibid.