Buch 
Relation D'Un Voyage Du Levant, Fait Par Ordre du Roi : Contenant L'Histoire Ancienne & Moderne de plusieurs Isles de l'Archipel, de Constantinople, des Côtes de la Mer Noire, de l'Arménie, de la Géorgie, des Frontières de Perse & de l'Asie Mineure / Par M. Pitton de Tournefort : Avec Les Plans des Villes & des Lieux considerables; le Genie, les Meurs, le Commerce & la Religion des differens Peuples qui les habitent; Et l'Explication des Médailles & des Monument Antiques. : Enrichie de Descriptions & de Figures d'un grand nombre de Plantes rares, de divers Animaux; Et de plusieurs Observations touchant l'Histoire Naturelle
Seite
157
JPEG-Download
 

DU LEVANT. Lettre X.

Quoique le trajet de Scalanova à Samos ne soitque de 25. milles, la bonace nous obligea de re-lâcher derrière un petit écueil appelle a Prasimisi ,lequel est assez près du petit Boghas. Nous débar-quâmes le lendema ; n 30. Janvier, & nous arrivâ-mes en deux heures & demie au Vati, village aunord désisté sur la pente d’une montagne,à près d’unmille du port. II n’y a guéres plus de 300. maisons dansce village, avec cinq ouíix chapelles; mais les unes& les autres font très-mal bâties , quoique ce soitun des endroits des plus considérables de l’Ifle.

Les villages de la côte du midi, font b Cora,qui en Grec vulgaire lignifie la ville , & néanmoinsil n’y a qu’environ 600. maisons, la plupart mê-me abandonnées depuis que le pays fut ravagé parMorolîni Général de farinée Vénitienne : cellesqui sont habitées se terminent en terrasses, où lescochons & les chèvres vont chercher leur nour-riture Cora est à feutrée d’une gorge de monta-gnes à deux milles de la mer tout près des ruinesde l’ancienne ville de Samos, comme l’on verraplus bas. L’air n’en est pas sain aujourd’hui à cau-se des eaux qui croupissent dans la plaine, & qui sevuidoient autrefois dans la mer ; cependant la cam-pagne est belle, fertile, riche: on arrose de ces eauxles champs, les villes, les oliviers & les orangers.A une lieue de Cora on trouve un petit village ap-pellé c Miles , ou les Moulins, ensuite d Bavon-da à quatre milles de la mer ; les autres villagesvers le midi, font « Neocorio à deux milles de lacôte, f Gueitani à trois milles, g Maratrocampoà pareille distance, b Esoreo à cinq milles, i Spa-tarei fur le cap Colonne , k Sureca n’en est pasloin. 1 Paleocastro est à deux milles de la mer ducôté du nord.

m Vourlotes à pareille distance, Fourni à troismilles, n Carlovaffi à un mille, & ° Caslania resteau pied de la montagne de Catabate , de mêmeque P Albaniticorio. II faut ajouter à ces villagesq Platano, qui est le plus beau de tous, - Pyrgos& 1 Commarea, qui sont vers le milieu de Piste.Cette Isle est toute escarpée, c’est ce qui lui avoirfait donner le nom de Samos , car selon Constan-tin Porphyrogenete, les anciens Grecs appelloientSamos, les lieux fort élevez. Il n’y a d’agreable

% Tlp-fa-ctnct.b Xtíf*.

• Mtt«.

d U*Liov<Jie.

f Titreiyi,

ILfopio.

i

k XopîKt t.

1 n*\al tUtTpOY»

M TouXot eç.

O Kctçtivut.

P Pihsè*.Vl'UX»pt9,n^atTaevo.

I Tlupyti.

. *57

dans cette Isle que la plaine de Cora. La grandechaîne de montagnes qui traversent Samos dans falongueur, s’appelloit t Ampelos. Sa partie occi-dentale qui fond dans la mer du côté de Nicaria,retenoit le même nom;elle s’appelloit aufli v Can-tharium & x Cerceteus. C’est cette roche effroya-ble qui fait le cap de Samos. Les Grecs lui ontconservé le nom de Kerkï , qui retient quelquechose de Cerceteus. Ils la nomment auffi y 'Cata-bate qui signifie un précipice.

Du temps que la Grece étoit florissante , cetteIsle étoit fort peuplée & très-bien cultivée. Onvoit encore au plus haut des montagnes , de lon-gues murailles faites pour arrêter les terres. Je necrois pas qu’il y ait présentement dans Samos plusde 12. mille hommes, tous du rite Grec. 11 n’yj[aque trois maisons de Turcs : celle du Cadi, cellede f Aga qui demeurent tous deux à Cora, & celled’un Subdelegué de f Aga qui fait fa résidence àCarlovaffi ou au Vati séjour du Viceconsul deFrance. L’Aga proprement n’est qu’un Vaivode,envoyé pour exiger la taille réelle.

Tous les ans on établit un administrateur oudeux dans chaque village , excepté à Cora , auVati, & à Carlovaffi , où l’on élit deux Papas &quatre bourgeois , supposé qu’il s’en trouve : àleur défaut on prend des Patrons de calques, ou deslaboureurs. Les Papas mêmes ne sont que des pay-sans promus aux Ordres, fans autre mérité que (sa-voir appris la Messe pas cœur. 11 y en a plus de200. & le nombre des Caloyers est encore bienplus grand : ainsi les gens d’Ëglise sont les maî-tres de Tille ; ils y posledent sept monastères : sa-voir , z Notre-Dame de la Ceinture , a » Nôtre-Dame du Tonnerre, bb la grande Nôtre-Dame,cc Saint Helie, le couvent de la dd Croix,SaintGeorge, & ff Saint Jean.

II y a quatre couvens de religieuses dans Sa-mos ; l’un à Saint Helie, l’autre proche la grandeNotre-Dame, le troisième à Bavonda, & le der-nier au monastère de la Croix , de plus on nousaslûra qu’on y comptoir plus de 300. chapelles par-ticulières.

L’Evêque de cette Isle, qui l’est auffi de Nica-ria, réside à Cora, & jouît d’environ deux milleV 3 écus

f Kejuapt*.t Pi! fJLTtSÌ.CÇ.

V K ttv&Áptav, Strab. Ub. 14.

X Tò opoç ô K ípKi'Tivç. Strab. lib. 10.

y montagne des précipices. defeendo*

Ot* bien on petit faire venir ce nom de ce que la fondre y tombe son-vent, KstTûtCÁTsjf Zìùi, Trxpx. H.xTa.ÇtÇxÇfn tov Mpeivvov. Sttid.Jnl. Pollux. lé. 7. cap. 1 . Libanitts légat, ad sultan. Paufan. Elias,prior. Pharnatns in Jovis cognomMbs , parlent (it Jupiter eu*CstTflç, qui lance la fondre.z TlxifctyiA ht%ov».aa Uavaytet hpovJ'n.bb Tlxvxyat /utyÁKthcc Ayioçdd XTAVpeç.ee Ayioç X^apyinç»ff Ayioç luxmç S<»x^»5»