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Enfin ne Eiehant plus que faire dans cette Isle,nous nous informâmes des personnes les plus ap-parentes, de ce qu’on penlbit fur cette prétenduelumière que les matelots s’iniaginent voir dans lecap de Samos quand ils font en pleine mer, & quel’on ne'découvre point quand on est en terre fer-me. Tous ces Docteurs nous assurèrent qu’elieparoissoit dans un endroit'íi dfearpé, qu’on ne pou-voir pas soupçonner que personne y habitât,&qu’ilfalloít que ce fut un feu tout à fait miraculeux:pour moi je suis persuadé du contraire; & suppo-sé que ceux qui sont en pleine mer se soient jamaisapperçûs d’un tel feu dans le cap de Samos, je nedoute pas que les caîoyers ou les bergers de cettemontagne ne l’euslènt allumé , &_qu’ils ne rallu-ment de temps en temps pour le divertir, & pourne pas laislèr perdre la mémoire d’une merveilleque les Papas de rifle appellent a le grand mi-racle.
Nous profitâmes d’un rayon de Soleil pour fairenos remarques fur la iituation des lieux.
Scalanova reste entre le nord-est & l’est.
Le cap Coraca entre le nord & le nord-nord-ouest.
Le cap blanc entre le nord-ouest & le nord-nord-ouest.
Scio au.nord-ouest.
Patmos entre le sud & le sud-sud-ouest.
Siagi au nord.
Ephese au nord-est. - - ,v.
Le plus haut sommet de Mycale ou Samson,entre l’est & l’est-sud-est.
L’ìslc d’Arco entre le sud-sud-ouest & le sud-ouest.
Gatoniiî au sud.
Cos ou Stanchio entre le sud & le sud-sud-est.
Palatia ou Milet au sud-sud-est.
Voila, Monseigneur., tout ce que j’ai à dire dePiste de Samos. II faut que nous retournions auport Seitan , pour vous rendre compte de nôtrevoyage de Patmos. Malgré nôtre empressementd’aller à Nicarie , les vents contraires nous retin-rent dans ce port ; & comme il n’y avoit pas d’ap-parence que le vent changeât, nous prîmes le partila nuitdu ia. aui Eévrier 1702.. de ranger la côte ctle cap de Samos ,‘ qui est à dix milles de Seitan,pour entrer dans le grand Boghas qui se trouve en-tre cette Isle & celle qu’on appelle le grand Fourni.
b On compte 40. milles du cap de Samos à Físlede Patmos , appellée aujourd’hui Patíno : nousdonnâmes fond au port de la Scala, qui est un desplus beaux ports de l’Archipel , & qui regarde le
grec & lc levant ; celui de Gricou est admirableaussi, il se trouve au sud-est de l’Isle, ouvert pardeux embouchures formées par un écueil qui esttout à feutrée : l’une de ces deux entrées est tour-
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née au íìroc, & l’autre au grec. Sapíìla est encoreun bon port situé entre celui de la Scala & Gricou,mais exposé à la tramontane : lc port de Diacor-ti, qui est au ssid-est de l’Isle, & qui a pour tra-verser le sud & le labeche , n’est bon que pourde-s barques, non plus que celui de Merica, quiest tourné au mistral & qui est à l’oueíl de celui dela S'cftla.
Patmos est considérable par ses ports ; mais seshabitans n’en font pas plus heureux. Les corsai-res les ont contraints d’abandonner la ville qui étoitau port de la Scala, & de se retirer à deux milles& démi, fur la montagne autour du couvent deSaint Jean.
Ce couvent est comme une citadelle à plusieurstours irregulieres : il est trcs-solidemçnt bâti sur lacrête d’une roche sort élevée : , on nous dit quel’Empereur Alexis Comnene étort le fondateur dece monastère : la chapelle en est petite & peinte àla Gréque, c’est-à-dire d’un mauvais goût : le sa-cristain nous fit payer un écu pouf nous montrerle corps de saint Christodule, c’est à-dire ' c Servi-teur de Chrijî ; on croit que ce sut à la persuasionde ce saint que l’Empereur fit bâtir la maison. Cebon Pere pour avoir encore un sequin vouloir tirerla chaste de Saint Christodule de sa place, & nousfaire.voir qu’ils en avoient le corps tout entier:mais nous nous contentâmes de voir la tête & levisage du Saint ; le reste est couvert de íès habitsqui font orner de quelques petites perles assez malrangées. Le couvent a 6 . milles écus de revenu :la vaisselle de l’Egliíe est assez belle, mais il n’y arien de plus rare que deux groííès cloches qui fontau dessus de la porte de la maison , car c’est unechoie bien particulière dans le Levant que de gros-ses cloches. Comme les Turcs ont de la vénéra-tion pour saint Jean, ils laissent jouir les caîoyersde Patmos de cet avantage, il y a plus dc 100. ca-loyers dans ce monastère, mais il n’y en reste ordi-nairement que óo. les autres vont faire valoir lesfermes qu’ils ont dans les Isles voisines.
L’Isle de Patmos est un des plus médians écueilsde l’Archipel , elle est découverte, fans bois, &fort seiche, quoiqu’elle ne manque pas de rochesni de montagnes,dont la plus élevée s’appelle SaintHelic. Jean Cameniate qui étoit du nombre desesclaves que les Sarrasins firent à d la prise dc e Thés-salonique sa patrie , & qu’ils conduisirent en Can-die , assure que tous ces malheureux restèrent lixjours à Patmos, & qu’ils n’y trouvèrent pas d’eauà boire : ils auroient fait bonne chere fi on leuravoit permis de chaííèr ; car l’Isle est pleine de per-drix, de lapins , de cailles, de tourterelles, de pi-geons, dc becsigues : elle ne produit que peu defroment & d’orge; le vin y vient de Santorin; caron n’en recueille pas plus de icoo. barils dans Pat-mos.
d Ann. 904.
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S M *.y*ç B-tftôUîr.b Patmos > Fatino.