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des Grecs. » André & Jérôme Gizi se rendirentles maîtres de Skyros après la prise de Constanti-nople par les François & par les Vénitiens : ellepal la fous la-domination des Ducs de Naxie. Guil-laume Carcerio en fit la conquête , & la laissa àses descendans : 'son petit-fils Nicolas Carcerio,neuvième Duc de l’Archipel en fit fortifier le châ-teau avec beaucoup de foin fur l’avis qu’il eut queles Turcs qui commençoient à paster des côtesd’Asie en Grece , avoient deíïêin de s’en emparerpour avoir une retraite commode dans l’Archipel.En effet , quelque temps après les Mahométansfirent une descente dans cette Isle, mais ils furentfi bien repoussez pendant la nuit, qu’il n’en restapas un seul : on volt encore autour du village lesruines de ces fortifications que les Turcs , qui enfont aujourd’hui les maîtres, ont laissé périr.
On découvre facilement pourquoi l’Isle de Sky-ros reçut anciennement ce nom, qui signifie enGrec quelque chose de rude : tout le pais est hérisséde montagnes , & il n’est pas surprenant que dutemps de Strabon on en estimât plus les chèvres,que celles des autres Isles ; car ces animaux se plai-sent dans les pais les plus escarpez, & vont brou-ter jusques fur les plus hautes pointes des rochers.Le même Auteur en loue aussi les métaux & lesmarbres ; mais on ne sçait pas à présent s’il y a desmines dans cette Isle; pour les chèvres , elles nenous parurent pas plus belles que celles que nousavions vues dans les autres Isles ; nous mangeâ-mes dans Skyros d’excellent fromage fait du laitde ces animaux mêlé avec celui des brebis. CetteIsle, quoique escarpée, est fort agréable & bien cul-tivée pour le peu de monde qu’elle renferme ; caron nous assura qu’il n’y avoir pas plus de 300. fa-milles, quoiqu’elle ait óo. milles de tour. Les ha-bitans payent tous les ans y000. écus au GrandSeigneur pour toutes fortes de droits : ils ont astèzde froment & d’orge pour leur subsistance : lesFrançois mêmes y viennent quelquefois chargerde ces grains ; les vignes font la beauté de l’Islc,k vin en est excellent & ne vaut qu’un écu le ba-ril ; On en transporte beaucoup à Farmée Véni-tienne en Morée. Pour de la cire on n’y en re-cueille guere plus de 100. quintaux. Le bois n’ymanque pas pomme dans les autres Isles : outreles taillis de Chénevert, de Lentisque, de Myr-rhe , le Laurier-rose , on nous assura qu’il avoirde beaux Pins ; mais nous n’eûmes pas le tempsd’àller reconnoître de quelle cípece ils étoient; c’eltla feule Isle de ma connoissmce , où l’on trouvedes Eleagtms ; ils font dans la plaine qui va du portSaint George au village.
Le 18. Avril 1702. le sud-est,la pluye & la grê-le nous firent relâcher à ce port : nous étions partisde Smyrne pour Livourne, fur le vaisseau du Ca-pitaine Gueriri de la Ciotat : outre ce port qui est
* Du Or-L- Hijí. des Emp, de j Csn'l, fíi/f, des Dms de C^ír-
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f capable de contenir une grande armée, & où l’onpeut mouiller presque par tout, il y en a encore unsort bon que Fou nomme le port des trois bouches :il y a deux écueils à son entrée, F un se nomme laRoche taille'e , & l’autre tljle plate , l’une de cesbouches a pour traverlier le nord-ouest, & le sud-elt, l’autre a le nord-esl, & le sud-ouest, & la troi-sième l’ouesl.
11 n’y a qu’un seul village dans l’Islc de Skyros,encore eíl-il bâti fur un rocher bien escarpé en for-me de pain de sucre à dix milles du portSaint Geor-ge. Le monastère qui porte le nom de ce Saint,fait la plus belle partie de ce village , quoiqu’il n’yait que y. ou 6. Caloyers , qui conservent avecgrand soin une image d’argent en feuille très-min-cc,sur laquelle on acizelé grossièrement Saint Geor-ge & representé ses miracles : cette feuille qui après de 4. pieds de hauteur fur environ 2. pieds delargeur, est clouée fur une piece de bois qui a unmanche comme une croix', & que l’on porte enmaniéré de bannière; c’est cette image échapée, à
í ce que l’on prétend,à la fureur des Iconoclastes,qui opéré tant de miracles, & qui châtie fur toutceux qui n’accomplissent pas les vœux qu’ils ontfaits à Saint George. Les Grecs font les plus grands-imposteurs du monde : voici ce qu’ils ont faitaccroire fur cette matière au P. Sauger : b „ Cette„ image, dit-il, peinte assez grossièrement fur une„ espece de billot de bois plus long que large &„ allèz pesant, est placée sur le grand Autel de la„ Cathédrale dediée à Saint George & desservie par„ les Schismatiques : là quand tout le monde est„ aslèmblé dans l’Egliíè,on voit Fi mage íè remuer,, d’elle-même , & toute pesante qu’elle est , se„ transporter en l’air au milieu de F Assemblée, où„ s’il se trouve quelqu’un qui ait fait quelque vœu-„ à l’Eglise sans l’accomplir , elle va le démêler„ dans la troupe, se place sur ses épaules, s’y at-„ tache opiniâtrement , & lui donne de furieux.„ coups par le dos & par la tête, jusqu’à ce qu’il-,, ait payé ce qu’il doit- Ce qu’il y a. de plaisant,,„ c’est que l’image n’a pas seulement cette vertu„ dans l’enceinte de l’Eglise , elle s’étend genera-„ lement dans tout le territoire de Skyros, où elle„ ira déterrer un homme jusques dans les lieux les-„ plus cachez; la maniéré dont elle fait fit ronde,„ est extraordinaire : un Moine aveugle la porte:„ fur ses épaules fans sçavoir où il va; Fimage le-„ conduit par une impression secrette dans tous les„ lieux où il faut aller, fans qu’on lui voye jamais„ faire un faux pas ; le débiteur qui le voit venir„ de loin a beau vouloir, se dérober à ses poursui-„ tes, en se cachant aux endroits les plus retirez„ & les plus obscurs de la maison , le Moine IV„ va trouver d’un pas ferme, monte, descend, pâlie„ & repasse, entre par tout ; aussi-tôt qu’il a trouvé„ son homme, l’image lui saute sur le.cou, le bat,,Y 3 ìì Isì
b Hifi, des Dsees de s ^irchlfel^.