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Relation D'Un Voyage Du Levant, Fait Par Ordre du Roi : Contenant L'Histoire Ancienne & Moderne de plusieurs Isles de l'Archipel, de Constantinople, des Côtes de la Mer Noire, de l'Arménie, de la Géorgie, des Frontières de Perse & de l'Asie Mineure / Par M. Pitton de Tournefort : Avec Les Plans des Villes & des Lieux considerables; le Genie, les Meurs, le Commerce & la Religion des differens Peuples qui les habitent; Et l'Explication des Médailles & des Monument Antiques. : Enrichie de Descriptions & de Figures d'un grand nombre de Plantes rares, de divers Animaux; Et de plusieurs Observations touchant l'Histoire Naturelle
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VOYAGE

LEVANT,

FAIT PAR ORDRE DU ROI.

LETTRE XII.

A Monseigneur le Comte de Pontchartram , Secretaìre d'Etat & des Commanâemem

de Sa Majesté , (y c.

CONTINUATION DE LA DESCRIPTION DÊCONSTANTINOPLE .

Mons eigneur-,

N ne sçauroit trop admirer le portde Constantinople. Nous en fîmesle tour en bateau par le plus beautemps d u monde : ces bateaux fontde petites gondoles d’une grande Ic-gereté & d’une propreté merveilleu-se : le nombre en est si grand qu’el-les couvrent tout le port , surtout dans le trajetde Galata. Les anciens n'ont jamais mieux faitparler l’oracle d’Apollon , que lorsqu’ils lui fi-rent répondre à ceux qui le consultoient pourbâtir une ville dans ce quartier: Arrétez-vous , dîtla Pythonillë , vis-à-vis le pais des Aveugles . Eneffet le port de Calcédoine qui se trouve sur lacôte opposée, est fi peu de chose que ceux qui lechoisirent les premiers, méritent bien d’être trai-ter d’aveugles. Celui -de Constantinople est unbassin de sept ou huit milles de circuit du côté dela ville, & il en a bien autant du côté des faux-bourgs ; son entrée large d’environ 60o. pas,commence à la pointe du Serrail > ou cap deT o m. II.

a Froiíontorium Chrysoceias. Tlin. hifi. ne.t. lib. 4, cap, n.Bosphoiium ojtîçcí,. Solin, cap 16.

b KaAfr© - Ccdren.

Saint Dimitre situé au midi;' c’est le a cap du Bos-phore où étoit l’ancienne ville de Byiance: delàen tirant au couchant, le port s’étend en ma-niéré d’une b corne courbée, que l'on peut com-parer avec plus de raison à celle d’un bœuf, qu’àcelle d’un cerf comme a fait c Strabon , car lacôte n’a pas des recoins qui en puissent represen-ter les divisions, il est vrai que Mr. Gilles remar-que qu’il s’y est fait bien des changemens qui etîont détruit le contour. L’ouverture de ce port estau levant & regarde Scutari* ; Galata & Cassun-Pacha font au septentrion ; enfin ce port se ter-mine au nord-nord-ouest par le cul de sac des eauxdouces où se jette la riviere Lycus , composée dedeux ruisseaux, dont le plus grand, surjlequel estla d papeterie, vient de Belgrade, & e l’autre cou-le du nord-ouest. Cette riviere après la jonction, des ruisseaux , n’a qu’environ 50. pas de largei plus ou moins en certains endroits : elle n’est pasJ navigable par tout , c’est pour cela qu’il y a desì pieux qui marquent les endroits les plus sûrs. Le) A ruisseau

I c Kíç*s-J«í %v£cì»tÌw. Strab. Ètrum Gitpr. lib. 7. Dc Ecfpti,1 Thrac lib. t. cap.

J d Kiat-ana, Mai on du papier ; íì YPttJpaH rappelle Eirbyícî 8* « Cydàius Mathleva.