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se. leurs pattes & gravé , pour ainii dire, leurspas fur les roches.
Du Cap de Courouchifmé à la pointe de Bejlch-tachi , le canal prend le tour d’un demi cercle,fur le bord duquel font situe?. Ortacui &S. Pho-cas. Ortacui est un village fur le Port que les an-ciens appel loient Chdtum & le vieillard marin r quequelques-uns prenoient pour Nerée, pour Pro-tce , ou pour quelque Dieu des eaux. Le petitPort de St. Phocasest. àl’cntrée d'une vallée très-sertile, connue par les anciens à l’occaíion á'Ar-chias de Taffos qui l’avoit choisie pour y bâtir uneville; mais , suivant Etienne de Byzance , lesChalcedoniens s’y opposèrent par. jalousie. Audessous de S. Phocas est un autre Port où lesRhodiens rclâchoient quand ils venoieut navigerdans le Pont;, ce qui lui a conservé le nom deRhodacìmn. Ces Rhodiens étoient si puissans furmer dans ce temps-là , .qu’ils obligèrent les By-zantins à entretenir, la liberté du commerce duPont-Euxin, c’est-à-dire à laisser passer librementtoutes les nations qui voudroient commercer dansla mer Noire , fans qu’il fût permis d’exiger d’el-les aucuns-droits.
Il ne reste plus . que. Be/ìchtachi ou Bejicbtaspour aller à tondocli , c’est-à-dire au premier, desfáuxbourgS: de Constantinople, suivant la routeque nous avons tenue. Bejìchtacbi portoit autre-
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fois le nom de Jason chef des Argonautes; Ce.Pleros, au rapport d’Etienne de Byzance , relâ-cha dans ce lieu où il n’y avoir qu’une forêt de-Cyprés, & un Temple d’Apollon. Dans la fui-te, ou pour mieux dire plusieurs siécles après,,le même endroit prit le nom de Diplocionion , dmdeux colomnes de pierre Thebaïque, lesquelleson voir encore auprès du tombeau de Barberouf-'se, qui sans doute étoit plus grand homme deomer que Jason , quoiqu'il fût né de pauvres pa-reils dans rifle de Metclin. Barberousse est mortRoi d’A'ger & Capitan-Pacha en 154.7 Soly-man ÍI. le nomma Chairadin, c’est-à-dire, grandCapitaine : de Cbairadin Calcondyle a ûût Cbara-tin , & Paul Jove Hariadene .
SiTon vouloir suivre entierement la-descrip-tion que Denys de Byzance a faite du Bosphore,,il íàudroÎLcherchcr- les places de P entecmtarion ,d c. TkermaJUs , de Delphi n u r ctf Charandas , du Tem --pie de Ptolemce Philadelphe , d u P alinormicon , ctde VAìantìum mais où les trouver ? les Grecs &les Turcs-ont tout renversé depuis ce. temps-là-pour habiter Fandodi & Topana , où fe. trouve le.-Cap Metopon qui fait front à la pointe de Ser-rai!.
J’ai l’iìonneur. d’être avec un profond re-spect , &c.
LETTRE XVI.'.
DESCRIPTION DES COTES MERIDIONALES DE LA MERNOIRE , DEPUIS SON EMBOUCHURE JUSQUES A' SINOPE .
Monseigneur,
Quoiqu’en aient dit les anciens , la mer Noiren’a rien de noir , pour ainsi dire, que le nom;les vents n’y soufflent pas avec plus de furie, &les orages n’y sont gueres plus frequens que furles autres mers. II faut pardonner ces exagéra-tions aux Poètes anciens , & fur tout au chagrind’Ovide ; en effet le fable de la mer Noire estde même couleur que celui de la mer Blanche,& ses eaux. en sont aufli claires ; en un mot,íì les côtes de cette mer , qui passe pour si dan-gereuse, paroissent sombres de loin , ce font lesbois qui les couvrent, ou le grand'éloignementqui les font paraître comme noirâtres. Le ciely-fut íì beau & si serein pendant tout nôtre voya-ge , que nous ne pûmes nous empêcher dedonner une efpece de démenti à Valerius Flac-cus fameux Poète Latin , qui a décrit la routedes Argonautes, lesquels passoient pour les pluscélébrés voyageurs de l’antiquité , mais qui nesont cependant.que.de forts petits garçons en
comparaison des Vincent le Blanc , Taverníer,& une infinité d’autres qui ont veú la plus grandepartie de la terre habitée.
Ce Poète assure que le ciel de la mer Noire esttoujours embrouillé, & qu’on n’y voit jamais detemps bien formé. Pour moi je ne disconvienspas que cette mer ne soit sujette àt de grandestempêtes ,. & je n’aurois pas de bonnes raisonspour le nier , car je ne l’ai veue.que dans la plusbelle saison de l’année ; ■ mais je fuis persuadéqu’aujourd’hui dans l’état de perfection où.l’on aporté la navigation , on y voyagerait aussi scû-rement que dans les autres mers , fi les vaisseauxétoient conduits par de bons Pilotes. Les Grecs& les Turcs ne sont! gueres plus habiles queTi-phys & Nauplius qui conduisirent Jason , Her-cule , Thésée, & les autres Héros de Grece,jusques fur les côtes de la Colchide 011 de laM-engrelie. On voit par la -route qu'Apolloniusde Rhodes leur.fait tenir, que toute leur science.
’K 1 ì _ abou-