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res- moins de 400. pas de diamètre. Les arbres yfont aussi beaux qu’à Lyon dans la Place de Bel-lecour.. Le Ba7.ar, qui est le lieu où se vendent lesmarchandises, n’est pas désagréable. Les Bains& les Caravanserais ont aussi leurs beautez, furtout le Caravanscrai neuf qui est du côté de laForteresse. II semble qu’on entre d abord dansune Foire , car on passe par une galerie où l’onvend toutes sortes d’étoffes
Les Eglises des Chrétiens font petites & à demienterrées. Celles-de l’Evêché, & l’autre que l’onappelle C atavique , ont été bâties , dit-on, dutemps des derniers Rois d’Armenie. On volt ducôté de l’Evéché une vieille Tour d’une structureassez íìnguliere, elle auroit quelque rapport * àla Lanterne de Diogenes, si fou architecture n’é-toit dans le goût Oriental. Elle est à pans, & ledôme qui la termine a quelque chose de plusagréable, mais les gens du pays ne savent à quelusage elle a servi , ni dans quel temps elle a étébâtie. Les Mosquées de la ville n’ontriende par-ticulier. Mr. Chardin assure que les Turcs prirentErivan en 1582. & qu’ils y bâtirent la Forteres-se; que les Persans l’ayant reprise en 1604. lamirent en état de résister au canon, qu’elle soutintun siégé de quatre mois en 1615. que les Turcsfurent obligez de le lever , qu’ils n’emporterentla place qu’après la mort d’Abas le Grand , qu’en-fin les Persans l’ayant reprise en 16351. ils en sontdemeurez les maîtres depuis ce temps-là.
Après nous être promenez dans la ville, nousallâmes voir le Patriarche des Arméniens, qui lo-ge dans un ancien Monastère hors de la ville, maisil s’en faut bien'qu’il ne soit aussi- bien logéqu’aux Trois Eglises. Ce Patriarche qui s’appelleNahabied, étoit un. bon vieillard assez rougeau,qui par humilité, ou pour être plus à son aise,n’avoit sur son corps qu’une mauvaise soutane detoile bleue. Nous lui baisâmes les mains à la modedu pays, & cette cérémonie lui fit grand plaisir,à ce que nous dirent nos Interprètes , car il y abien des Francs qui ne lui font pas le même hon-neur , mais nous lui aurions baisé les pieds pourpeu qu’il eût témoigné le souhaiter, attendu lebesoin que nous avions de son crédit. Par recon-noissance il nous fit servir une colation , à la véritétrès-frugale. On vit paroître, fur un cabaret debois , un plat de noix au milieu de deux assiet-tes ,. fur l’une desquelles il y avoit des prunesà sur l’autre des raisins. On ne nous présenta nipain, ni fouasse , ni biscuit. Nous mangeâmesune prune & bûmes chacun un coup à la santédu Prélat, c’étoit d’excellent vin rosé; mais com-ment reboire fans pain ? nos Interprètes quicroient dans le Vestibule eurent l’esprit de s’enfaire donner , fans oser pourtant nous en prescn-
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ter, nous aurions excusé volontiers pour le coupleur incivilité, ils entrèrent après la colation, &nous tìmcs prier pour lors le Maître de la maisonde nous faire donner pour nôtre argent de bonschevaux & des guides qui pûssent nous conduireau Mont Ararat. Qttelle dévotion avez-vous , dit-il,pour le Mont Macisì c’cst le nom que les Armé-niens donnent â cette Montagne ; les Turcs rap-pellent Agrida. Nous répondîmes , que nous trou -vans fi près d'un lieu célébré , fur lequel on croyaitque F Arche de Noc s'étoit arrê’ée , nous ferions malrepus dans nôtre pays ft xous mus retirions fans levoir. Vous aurez de la peine , dit le Patriarche ,d'aller jusques aux neiges ; if pour ce qui ejl de l'Ar-che , Dieu Va jamais fait la grâce de la faire voirà personne qu à un saint Religieux de nôtre Ordre,qui après cinquante ans de jeunes if de prières yfut miraculeusement transporte' ; mais le froid lepene'tra fi fort , qu'il en mourut à son retour. Nô-tre Interprète le fit rire en lui répliquant de nôtrepart , qu'après avoir jeûne' if prie la moitié de nôtrevie , nous demanderions à Dieu la grâce de voirle Paradis plûtót que les débris de la ma-son deNoé. On nous raconta aux Trois Eglises » qu’imde leurs Religieux nommé saques , qui fut en-suite Evêque áeNifibe, résolut de monter au som-met de la Montagne ou de périr en chemin , tropheureux d’avoir tenté de découvrir les reliquesde l’Arche ; qu’il exécuta son dessein avec beau-coup de peine, car quelques efforts qu’il fît poury monter, il sc trouvoit toûjours, après son ré-veil , dans un certain endroit à peu près vers lemilieu de la hauteur: que ce-bon homme connutbien, après quelques jours , qu’il tentcroít inu-tilement d’aller plus loin, & que dans son afflic-tion un Ange lui apparut & lui apporta le boutd’nne planche de l’Arche. Jaques revint au Cou-vent chargé d’un si précieux fardeau-, mais avantque de partir l’Ange lui déclara que Dieu ne vou-loi'i pas que les hommes allassent mettre enpiecesun vaisseau qui avoit servi d’asileà tant de créatu-res. C’cst ainsi que, par de semblables-contes,les Arméniens amusent les étrangers. -
Le Patriarche nous fit demander si nous avions ivû le Pape , & trouva fort mauvais quand nous -répondîmes , que ce ne scroit que pour nôtre re-tour. Comment , dit-il , vous venez de (1 loin pourme voir , if vous n avez pas vú vôtre Patriar-che ? Nous n’osâmes pas lui dire que nous n’étionsvenus en Arménie que pour chercher des Plantes.Que vous semble , contînua-t-il , de mon Eglise -d'Itchmiadzin ? en avez-vous d'aujfi belles en Fran-ce ? Nous lui répondîmes que chaque pays avoit sesmanières de bâtir: que nos Eglises étoient dans ungoût fort diffèrent , if que mus n'avions reconnu ■F habileté des ouvriers que dam les chandeliers,
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î’Monume»t. d’Athéncs,