DU LEVA
gujhsoliutn Herbarierum Lob, relevées d’un cô-té, car bailleurs elles ne font pas veinées. Cellesqui font aux premiers nœuds de la tige font lesplus longues, mais elles n’ont que quatre ou cinqlignes de largeur ; les autres deviennent plusétroites ; les dernieres ressemblent à celles desOeillets. De leurs aisselles, tout le long de la tigedepuis la moitié en haut, naissent des brancheslongues de demi pied, dont les feuilles font très-menuës , & ces branches soutiennent chacunetrois ou quatre fleurs , dont le calice eít un tuyaulong d’un pouce ou de quinze lignes, épais d'uneligne vers le bas , & de deux lignes vers le hautoù il est découpé en cinq pointes, vert-de-mer& lisse. Du fond du tuyau sortent cinq feuillesqui débordent de demi pouce, échancrées en deuxparties assez arrondies, blanches en dessus , maisvert-jaunâtre en dessous, relevées chacune dedeux appendices blancs qui fervent à foríner lacouronne de la fleur Les étamines font blancheschargées de sommets jaunâtres. Le pistile qui estvert-pâle, oblong , surmonté de deux houppesblanches , devient un fruit long seulement de de-mi pouce & de trois lignes de diamètre , il portefur un pédicule de trois ligues de haut. Ce fruitest une coque dure, ovale, ,roussâtre, qui s’ou-vre par la pointe en cinq ou six parties , & laisseéchapper des semences grisâtres assez semblablesà celles de la Jusquiame. Toute la Plante est sa-veur d’herbe assez mucilagineuse.
Le 2;. Août nous partîmes de Cars avec unepetite Caravane destinée pour escorter une voi-ture d’argent que le Cardchi-Bachi ou le Receveurde la, Capitatwn envoyoit à Erzeron. C’étoienttous gens choiíìs , bien armez , & déterminez àse bien battre : au lieu que les Caravanes desMarchands font composées de gens qui épargnentleur peau, comme l’on dit, & qui aiment mieuxêtre rançonnez que d’en venir aux mains. Toutbien contideré , ce parti leur convient mieux, unMarchand gagne toûjours beaucoup , quand ilfauve fa vie & ses marchandises pour une poignéed’écus. Nous ne marcnâmes que quatre heuresce jour-là, & nous campâmes auprès de Beniclia-met village dans une assez grande Plaine où noustrouvâmes une nouvelle escorte de Turcs , gensbien faits & bien résolus.
Le *4. Août le Carachi-Bachì qui avoit unCommandement du Pacha de Cars pour prendredans les villages de la route autant de gens qu’iljugeroit à propos pour assûrer le transport dé sonargent , fit venir des montagnes environ trentepersonnes bien armées qui ne laissèrent pas denous faire plaiiìr , car le bruit couroit que lesCurdes vouloient enlever le trésor. Cette nou-velle escorte fut relevée le lendemain par une au-tre bande aussi-forte. Une Caravane de soixante
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Turcs ne craint pas deux cens Curdes ; ceux-cin’ont que des lances , & nos Turcs avoient debon fusils & des pistolets. On ne partit ce jour-làque fur les neuf heures pour aller coucher à Ke-kez village situé dans la même Plaine à trois heu-res de distance. Nous eûmes une recrue de septou huit personnes qui conduifoient du Ris à Er-zeron ; mais ce n’étoit pas gens à fortifier nôtretroupe.
O11 ne fit que quatre lieues le lendemain ; nousmarchâmes toute la nuit au clair de la lune pardes montagnes dont les défilez font dangereux,& où fort peu de gens auroient pû facilement nou«arrêter; mais les tenebres favorisèrent nôtre mar-che, tandis que les Curdes dormoient à leur aise.On se reposa le r6. jusques à neuf heures du ma-tin , & l’on passa seulement sur une des plus hau-tes montagnes du pays couverte d t Pins, de Peu*pliers noirs , & de Trembles. Comme nous appré-hendions quelque embuscade , on détacha desTurcs pour aller reconnoître les passages, & cesbatteurs d’estrade amenèrent au Carachi - Bachìquatre paysans qui l’asteurérent que les voleursétoient restez en arriéré, & que nous leurs avionsdérobé une grande marche. A cette nouvelle oncampa fur les trois heures après midi tout prèsd’une petite rivière où nous avions déja campé euallant à Cars, le long de laquelle nous trouvâmesune belle elpece de Valériane , dont les racinesfont tout-à-fait semblables à celles de la grandeValériane des Jardins , aussi grosses & aussi aro-matiques. Les feuilles en font plus étroites ; maiscomme la grande Valeriane ne se trouve pas, queje sache , en campagne, je crois que ce n’est au-tre chose que celle-ci qui est cultivée dans les Jar-dins depuis quelques siécles.
Le 27. Août nous marchâmes près de six heu-res , & nous retirâmes à Lavander village peuconsidérable. Le 18. après une route aussi lon-gue , on arriva aux bains d 'Assancalé bâtis assezproprement fur le bord de PAraxe, à une petitejournée d’Erzeron. ils font chauds & fort fréquen-tez. L’Araxe qui tombe des montagnes où font lessources de l’Euphrate , n’est pas considérable àAssancalé, dont la Plaine est plus fertile que celled’Erzeron & produit de meilleur froment. Géné-ralement parlant tous les bleds font bas en Ar-ménie , & la plûpart ne font que quadrupler,surtout auprès d’Erzeron ; mais aussi il y en a uneiì grande quantité , qu’elle supplée au reste. Sil’on n’avoit pas la commodité d’arroser les terres ielles seroient presque stériles.
Au milieu de la Plaine d’Assancalé s’éleve uneroche horriblement escarpée , sur laquelle 011 abâti la ville & une forteresse qui menace tous lesenvirons, & où l’on appréhendé plus la famineque le canon. 11 n’y -a pas plus de trois cens hom*V a mes