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Relation D'Un Voyage Du Levant, Fait Par Ordre du Roi : Contenant L'Histoire Ancienne & Moderne de plusieurs Isles de l'Archipel, de Constantinople, des Côtes de la Mer Noire, de l'Arménie, de la Géorgie, des Frontières de Perse & de l'Asie Mineure / Par M. Pitton de Tournefort : Avec Les Plans des Villes & des Lieux considerables; le Genie, les Meurs, le Commerce & la Religion des differens Peuples qui les habitent; Et l'Explication des Médailles & des Monument Antiques. : Enrichie de Descriptions & de Figures d'un grand nombre de Plantes rares, de divers Animaux; Et de plusieurs Observations touchant l'Histoire Naturelle
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DU LEVA

Feugere semelle & je ne sçai combien de plantesfort communes ; mais rien ne nous fit pins deplaisir que cette belle especede Thapfie dont Rau-volf a donné la figure sous le nom de GìngidiumDioscoridis. En voici la description.

Sa racine n’a qu’une ligne d’épais, blanchâtre,longue de trois ou quatre pouces, garnie de quel-ques fibres. La tige de la plupart des pieds quenous trouvâmes dans les champs, n’avoit gueresplus d’un, empan de haut, tortue, épaisse d’uneligne , accompagnée de feuilles semblables àcelles du Scandix Cretìca minor C. B. longues de2 . ou z. pouces, lesquelles enveloppent la tigepar une eípece de gaine de demi pouce de long.Les ombelles font larges d’un pouce & demi, en-tourez à la base de cinq feuilles découpées demême que les autres , longues feulement de septou huit lignes, pliées en gouticre à leur naissan-ce. Chaque rayon est encore terminé par deuxfeuilles semblables qui accompagnent les fleurs ;elles étoient passées auffi-bien que les graines quenous amassâmes à terre en, quantité. Ces grainesfont ovales & plattes.

Le i8- Septembre nous montâmes à cheval àune heure après minuit , & arrivâmes à Tocatfur les io. heures. Après avoir paílé par des val-lées fort étroites & couvertes de Chênes, nousretrouvâmes nôtre riviere & la passâmes - , encoredeux fois , elle s’áppeìle Tofanlu & se jette dansr/m des anciens , que les Turcs nomment Ca-Jalmac. Enfin on entre dans une vallée plus gran-de & plus belle que les autres , laquelle conduit àTocat \ mais cette ville ne paroîc que lors qu’onest arrivé aux portes, car elle est iïtuée. dans unrecoin au milieu de grandes montagnes de mar-bre. Ce recoin est bien cultivé & rempli de vi-gnobles & de jardins qui produisent d’excellensfruits ; le vin en seroit merveilleux s’il étoitmoins violent.

La ville de 7 oeat est beaucoup plus grande &plus agréable qu’Erzeron. Les maisons fontmieux bâties & la plûpart à deux. étages ellesoccupent non seulehtent le terrein qui est entredes collines fort escarpées , mais encore la crou-pe de ces mêmes collines en maniéré d’amphi-theatre, en forte qu’il n’y a pas de ville au inon-de dont la íituation soit plus íînguîiere. On n’apas même négligé deux roches de marbre qui fontaffreuses , hérissées > & taillées à plomb , car ouvoir un vieux château fur chacune. Les- rués deTocat font assez bien pavées, ce qui est rare dans3e Levant. Je crois que c’ést la nécessité qui aobligé les-bourgeois à les faire paver , de peurque les eaux des pjuyes, dans ie temps des ora-ges, ne découvrissent les fondemens de leurs mai-sons & ne fissent des ravins dans les rués. Lescollines.fur lesquelles la.ville.est. bâtie, fournis-

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sent tant de sources que chaque maison a fa fon-taine. Malgré cette grande quantité d’eau on nepût pas éteindre le feu qui consuma , quelquetemps avant nôtre arrivée, la plus belle partie dela ville & des fauxbourgs. Plulìeurs Marchandsen furent ruinez , car leurs magasins étoientpleins dans ce temps-là; mais on commençoit àla rebâtir , & l’on esperoit qne les marques del’incendie n’y paroîtroîent bientôt plus. Ontrouve assez de bois & de matériaux autour, de la,ville.

II y a dans Tocat un Cadi , un Vaivode, unJanissaire Aga , avec environ mille Janissaires &quelques Spahis. On y compte vingt mille fa-milles Turques , quatre mille familles d’Arme-níens , trois ou quatre cens familles de Grecs,douze Mosquées à minarets, une infinité de cha-pelles Turques. Les Arméniens y ont sept Egli-ses, les Grecs n’ont qu’une méchante Chapellequoiqu’ils fe vantent qu’elle a été bâtie par l’Em-pereur Justinien. Elie est gouvernée par un Mé-tropolitain dépendant de l’Archevêque de Nic-sara, ou pour mieux dire, de Neocwjiirea ancien-ne ville presque ruinée , à deux journées dc.Tocat.

Nicsara est encore la Métropole dc Cappado»ce , & l’on n’oubliera jamais que dans le troi-sième siecle elle a eû pour Pasteur Saint GrégoireThaumaturge , ou le faiseur de Miracles. Niger& quelques autres Géographes n’ont pas eû rai-son de confondre cette ville avec Tocat. L'Ar-chevêque de Nicsara a la cinquième place parmiles Prélats qui font fous le Patriarche de Constan-tinople.

Outres les foyes qui font assez considérables,on consomme à Tocat , tous les ans , 8 ou io.charges de celles de Perse. Toutes ces foyes s'em-ployeur en petites étoffes , en foye à coudre,,ou à faire des boutons. Ce Commerce est aflèzbon j, mais le grand tiegoce de Tocat est en vaisoselle 'de cuivre , comme Marmites , Tasses.,Fanaux , Chandeliers , que l’on travaille fortproprement & que l’on envoyé ensuite à Cons-tantinople & en Egypte. Les ouvriers de Tocattirent leur cuivre des mines de Gumiscana , quifont à trois journées de Trebisonde, &de celle deCasìamboul qui font encore plus abondantes , à.dix journées de Tocat.du côté d’Angora. Onprepare encore à Tocat beaucoup de peaux demaroquin jaune, que l’on porte parterre à Sam-son-. fur la Mer Noire , & de là à Calas port deValachie. On y cn porte aussi beaucoup de rou-ges , mais les Marchands de Tocat les tirent duDiarbec & de la Caramanie. On nous affina qu’onteignoit les peaux jaunes avec le Fustet , & lésrouges avec la Garance. Les toiles peintes deTocat ne sont pas íì belles que celles dc Perse,

Y mais.-