DU LEVANT. Lettre XX lî.
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ire les Lettres ane S. Paul a écrites. La mena-ce du Seigneur a été accomplie sur elle. y ôte-rai vôtre chandelier de son lieu , fi vaus ne vous re-pentez. Ces pauvres Grecs font parmi de vieuxmarbres & contre un bel aqueduc bâti des mê-mes pierres. La Citadelle, où les Turcs le fontretirez, est fur un tertre qui s’étcndant du Nordau Sud, domine toute la plaine, c’est peut-êtrele Mont Pion de Pline. L’enceinte de cette Cita-delle , qui est fortifiée par plusieurs Tours, n’arien de magnifique; mais à quelques pas de là ducôté du Midi, on volt les restes d'une autre Ci-tadelle plus ancienne, beaucoup plus belle & dontles ouvrages étoient revêtus des plus beaux mar-bres de Pancienne Ephefe.
11 y reste encore une Porte de fort bon goût,bâtie des mêmes débris, je ne fçai par quelle rai-son on l’appelle la Porte de la Persécution. Elleest remarquable par trois bas-reliefs encastrez furson cintre. Celui qui est à la gauche a été le plusbeau de tous , mais il est le plus maltraité. 11 estd’environ cinq pieds de long fur deux pieds & de-mi de haut, & reprefente une Bacchanale d’en-fans qui fe roulent fur des pampres de vigne. Ce-lui du milieu a un pied de hauteur plus que Pau-tre, & le double de longueur. Le dernier est pres-que aussi haut , mais il n’a qu’environ quatrepieds de long. La Porte de la Persécution déclinedu Sud au Sud-Sud Est ; cette Porte étoit dé-fendue par des ouvrages aífez irréguliers que l’onavoit aggrandis suivant le belbin , comme on leconnoît par les ruines, car à mesure qu'ils s'é-boulent , ils lai fient voir d’autres ouvrages demarbre qui ont été recouverts.
Au Sud & au pied de la colline où est bâti leChâteau, est (ìtuée PF-glife de S. Jean convertiecn Mosquée. Je ne fçai íì c’est celle que Justi-nien y fit bâtir; mais il est certain que c’est de cegrand Evangéliste que vient le nom d 'Aiafalouë,fous lequel Ephefe est connue des Grecs & desTurcs. Les Grecs appellent Saint Jean Aios Sco-logos , au lieu d 'Agios Theologos , le SaintTheolo-gien , parce qu’ils prononcent le 'Thêta comme unSigma , d’Aios fcologos ils ont fait Atasalouê. Ledehors de cette Eglise n’a rien d’extraordinaire.On dit qu’il y a de belles colomnes en dedans;mais outre que les plus belles pieces des ruinesd’Ephese ont été emportées à Constantinople pourles Mosquées Royales, le Turc qui en gardoít laclef étoit absent lorsque nous y fûmes. On croiequ’après la mort de Jefus-Christ , S. Jean choisitEphefe pour y faire fa résidence , & que la Sain-te Vierge s’y retira aussi. Saint Jean après la mortde Domitien vint reprendre le foin de f Eglised’Ephefe, & trouva que Saint Timuthée, son pre-mier Evêque, y avoit été martyrisé.
L’Aqueduc qui subit fie encore aujourd’hui,
quoiqu’à moitié ruiné, est à l’Est , c’ctoit l'ou-vrage des Empereurs Grecs, de même que la Ci-tadelle ruinée. Les piliers qui soutiennent les ar-cades, font bâtis de très-bellcs pieces de marbre,entremêlées de morceaux d’architectuie, & l’onl y lit des Inscriptions qui parlent des premiers Ce-j fars. Ces piliers fontquarrez, plus ou moins hauts| suivant que le niveau de l’eau le demandoit; mais| les cintres font tous de brique. Cet Aqueduc fer-j voit à conduire à la Citadelle & à la ville , Jcsj eaux de la fontaine Halitée , dont a parlé Paufa-nias. Elles fe distribuoienr à la ville par des tu-yaux de brique , pratiquez dans de petites toursq narrées & appuyées contre quelques-uns despiliers. Cette ville s’étendoit principalement ducôté du Midi, & tout ce quartier n’est rempli quede ruines ; mais Ephefe a été renversée tant defois qu’on n'y connoît plus rien.
Pour ce qui regarde les Inscriptions, nous n’eucopiâmes aucune , car outre qu’on n’en fçauroitlire qu’une partie, les autres sons fi hautes qu’ilest impossible de les déchifrer, on ne trouve niéchelles, ni chevalets chez les Grecs.
Le lendemain nous traversâmes la plaine pouraller reconnoître les ruines de ce fameux Tem-ple de Diane,-qui a passé pour une des merveil-les du monde. Ce grand Edifice étoit situé au piedd’une montagne & à la tête d’un marais. Plinej croît qu’on choisit ce lieu marécageux , comme; moins exposé aux tremblemens de terre ; mais; aussi l’on s’engagea à une dépense effroyable, carj il fallut faire des caves pour vuider les eaux quij s’écouloient de la colline , les jetter dans le ma-rais & de là dans le Cayfire. Ce font ces cavesque l'on prend mal à propos pour un labirinthe,on est convaiuçu par Pinfpection des lieux, qu’el-les n’ont jamais servi qu’à vuider les eaux. Mapensée est confirmée par Phi Ion de Byzance,quiconvient qu’on fut obligé d’y faire des folsez très-profonds, A des conduits où l’on employa ane sigrande quantité de pierres , qu’on épuisa presquetoutes les carrières du pays. Pour mieux affûterles fondemens de ces conduits qui dévoient sou-tenir un Edifice d’un poids fi effroyable , Plinerapporte qu’on employa quelques couches de char-bons pilez & quelques autres couches de laine. Cemerveilleux Temple construit aux dépens des pluspuissantes villes d’Asie, deux cens ans avant quePline en parlât, avoit 425. pieds de long, fur22 o.pieds de largf. Onyvoyoit 127. colomnes , dontles Rois d’Asie avoient fait la dépqnfe, & ces co-lomnes avaient chacune 60. pieds dc haut. Iì y enavoit 3Ó. couvertes de bas-reliefs , & parmi cel-les-ci il s’en trouvoit une de la main de ScopasSculpteur fameux. Chersiphron fut l’Architectede cet édifice. Il n’en reste aujourd’hui que quel-ques gros quartiers .qui u’out lieu de surprenantC c 2 que