La Vie de
156
point, qui n’a point de tems déterminé pour exis-ter, qui ne peut exister que très diflìcilement,c’esten effet ne vouloir point dejugement. Quellesûreté, quelle paix y auroir îî dans les Etats si cesespèces d’Appels y étoient autorisés soit pour le ci-vil soit pour le criminel? combien les désor-dres seroient-ils plus crïans & plus excessifs,si malgré le Jugement du Tribunal auquel on auroitsuccommbé, on avoir droit de se comporter commefi on avoir déja gagné sa Cause au Tribunal qu’on aréclamé? S’il est quelque Société où ces sortesd’Appels soient permis, son Gouvernement est in-suffisant pour maintenir le bon ordre, à moins qu’onnej soit obligé d’obéïrpar provision à quelqu’un desTribunaux qui existent jusqu’à ce que celui quin'existe point soit assemblé.
Dans toute Société qui a une Religion, il fautqu’il y aitune autorité supérieure pour décider desdifficultés qui surviennent sur la Religion : autoritéà quoi on soit obligé de se soumettre & contre la-quelle il ne soit pas permis de s’élever, du moinsjusqu’à la combattre ouvertement & la contredire.En vain diroit-on que la vraie Religion seule a cedroit; car il suivroitque toutesl’ont ouqu’aucunenel’a, puisqu'elles sont toutes vraies par rapportà ceux qui les suivent & fausses par rapportàceuxqui ne les suivent pas.
La diversité de sentimens en matière de Religionaïant coutume d’exciter des troubles & des divi-sions, presque toujours capables de renverser la for-me du Gouvernement établi, l’autorité publique a
droit