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94 Interets de la France
conduit par les peuples, réglé & autorisepar la puissance publique.
Le gouvernement Féodal, si fort réclamépar Mr. de Boulainvilliers, & auquel il attri-bue toute la grandeur de Charlemagne, é-toit - il ce que nous venons de dire ? dansce fy sterne bizarre de gouvernement, la plusgrande autorité fup k Nation étoit entre lesmains d’un certain nombre de principauxusurpateurs qui avoient fous eux d’autresusurpateurs subalternes. Le degré & la qua-lité de ces usurpations varioient à tous mo-mens, & comme chacun travaille mieux furun petit objet que fur un grand, nos Roisavoient bien moins de pouvoir fur leursgrands vassaux, qui se moquoient souvent dela Majesté du Trône, que les petits Seigneursn’en avoient fur les habitans, & même futla petite Noblesse de leurs terres ; ils en vio-le ient les femmes, & prenoient les hérita-ges impunément, & de ces rigueurs inhu-maines font venus des droits de fiefs si bi-zarres, & qu’admirent nos studieux Féodistcs.
C’étoit donc précisément la loi du plusfort que le droit Féodal dans son origine ,rien de limité, jamais uniforme ; est - ce làune bonne source ? sont - ce là des qualités