196 LETTRES JUIVES, Lettre XIIX.
Qui sont les Gens, qui fréquentent jles Filles Publiques de la Rue Longare & íde la Serena? Peu de Personnes , en état ?de taire une certaine Dépense, & nées dansun Rang distingué, s’ abbaiííent jusqu’auPoint de se laiífer entraîner à des pareilsExcès; & s’ils voient ces fartes de Fem- imes, le Commerce qu’ils ont avec ellesn?est point de Durée, & ne peut porter !Préjudice, ni à leur Honneur, ni à leurBourse. Le Peuple, les Gens d’une Naislance obscure, quelques Bourgeois débau-chés, peuvent tomber dans leurs Pièges:encor le Cas n’arrive-t-il pas souvent.
L’Horreur, qu’inspire le Métier infâmede ces Femmes, est un Préservatif contreleurs Atraits & leur Charmes. LTdée,que le Public a de leur Caractère, les rendmoins pernicieuses à la Société ; & l’on
hait ordinairement le Vice, qui ne fait passe couvrir des Aparences de la Vertu.C’est-là le Talent, auquel les Filles del’Opéra excellent. Leur Profession lesmet à même de voir bonne Compagnie.Elles savent, sous un Maintien déguisé,&un Air de Modestie, couvrir un Cœur dé-voré de l’Amour des Richesses, & dé-