LETTRES JUIVES, Lettre XXXIIX. 8Z
les Sentences, dont ses Ecrits font rem-plis, ne fauroient m’émouvoir : il nem’inípire, ni la Terreur, ni la Crainte, ni1a Pitié. Les Romains ont lait beaucoupdeCasdu Thiejìe de Varius, & de la Mê-dêe ^ d’Ovide. Le Terris ne nous a pasconservé ces deux Pieccs, & je ne doutepas qu’elles ne duííènt avoir de grandesBeautez. Ovide connoiífoit parfaitementles Mouvemens du Cœur. Personnen’exprimoit auiïï vivement les Sentimensque cauíè un Amour emporté. Ses Hé-vouïes nous font de furs Garants desBeautez de fa Tragédie. Mais, on nepeut balancer la Bonté d’un Ouvragequi existe, par la Réputation d’un autredont on n’a aucune Connoissance cer-taine.
Sophocle, & Euripide, portèrent chésles Grecs le Théâtre à fou plus haut Dé-gré. Corneille & Racine ont été à laPerfection chés les François; & jc crois,que, pour juger de la Préférence qu’ondoit donner a ces Auteurs, il faut pro-noncer íùr celle qu’on doit donner auGoût des Athéniens & des Parisiens. Peude François aujourd’hui, excepté quel-ques Idolâtres de T Antiquité , convien-F 2 nent