LETTRES JUIVES, Lettre XXXIX. 97
ceux qui ne peuvent le faire. Ils prisentinfiniment les Psalmodiations Monacales,& les regardent comme une Chose d’oùdépend le Salut de l’Etat. Ignorans ! quine lavent pas, que le meilleur Chant, qu’onpuisse adresser à Dieu, consiste dans la Pu-reté du Cœur. Ils pourroient aisémentse guérir de leur Préjugés, s'ils vouloientjettes les yeux fur certains Pais Nazaréens,d’où l’on a éxilé les Moines entièrement.Ils verroient, que, bien loin que la Divi-nité ait été offensée de l’Exil & de la Pro-scription de cesFainéans, elle a répandudans ces Roiaumes l’Abondance & la Ri-chesse. Considéré, Iseac, combien d’En-fans naitroient de tous ces Moines, si l’unétoit Cordonnier, l'autre Tailleur, l’autreBoulanger. Le même Arrêt, qui les abo-liroir, détruiroit auísi la Prison d’un Nom-bre de Filles : ôc , dans quinze Ans, leRoïaume scroit peuplé d’un Tiers de plus.Les Frnçois, qui font usage de leur Rai»son, connoissent f Abus des Couvens < 3 cdes Monastères ; mais, ils le regardentcomme une vieille Erreur consecrée sous leVoile de la Religion, soutenue par les Su-perstitieux, & protégée par le SouverainPontife. Les aifférens Ordres Monasti-ques sont autant de différeras Régimens,
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