LETTRES JUIVES, Lettre XLI. 115
qu’ils nie fnisoicnt presque connoitrc évi-demment. 11 faut avouer, que si les Pro-phéties n’ont point été remplies réelle-ment, elles ont été li parfaitement apro-chées, que quiconque voudra les exami-ner trouvera nos Sentiments bien diffici-les à soutenir. Les Nazaréens nous accu-sent de n’avoir plus d’autres Secours pournous défendre, que dans T Ethnologie &la Signification de quelques Mots. Ils di-sent, que, ne pouvant nous tirer d’Affai-re par la Clarté du Texte, nous cherchonsà l’embrouiller par des Gloses ridicules,& par les Explications forcées de certai-nes Expressions. Je sois obligé de conve-nir quelquefois de ces Faits; mais, alors,je me rejette sor notre Tradition : je mefers des mêmes Argumens & des mêmesArmes dont ils se servent contre les Ad-versaires qu’ils ont dans leur propre Croïan-ce. Ils ne peuvent me refuser une Chose,dont il tirent eux-mêmes tant d’Avantage,fk à la quelle ils accordent tant d’Autorité.Ainli, je me sers de notre Tradition com-me d'un Rempart inexpugnable: f op-pose l’Autorité des Rabbins à celle des Pon-tifes, & le Talmudaux Livres de leurs pré-micrs Docteurs ; & fi je n’éclaircis pas la Dis-pute, je sois du moins certain de l’éterniser.
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