LETTRES JUIVES, Lettre XLIII. 137
étonné, qu’on permit dc débiter en pu-blie des Maximes aussi contraires auRiende la Société. Si tous ces Gens, difbis-je en moi-même, qui écoutent ce Décìa-mateur , reflent pcrf'ádez de ses Sopòismes, bientôt le Piémont fera dépeuplé : on11e verra plus pue des Prêtres, des Moines,& quelques Dévots pendant un tems ; o°,bientôt après fil faudra que la Société pé-risse , Pf que le P aïs se'détruise. Selon cePrédicateur, V Etat du Célibat efi beaucoupplus pur, Zf beaucoup plus convenable auNazarétfmè. Dans une Religion, ceux,qui la croient, doivent cher citer d'aller àla Perfecrion. Tous les Piémontois sui-vront donc ses Conseils ; èf , en gardantle Célibat, ruineront la Société.
Nous pensons bien différemment,mon cher Monceca;&, dans notre sain-te Religion, la Multiplication nous estordonnée : ôc elle cous est promise & ac-cordée par le Ciel, comme une Marquecísentielle de sa Bonté. La Vanité a oc-calìonné en partie la Su pression du Mariagechés les Pontifes Nazaréens. Ils crurentpar-là se rendre plus respectables au Peu-ple. On dit,que, lorsqu’ils s’affemblérentpour décider cette Question , tous les