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[Tome premier & second.]
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146 LETTRES JUIVES, LettreXLIV.

l’on avoir dans toute l’Europe autant dcRespect pour les vieux Titres, que lesEgiptiens en eurent autre-fois pour lesCrocodiles & pour les Oignons de leursJardins*. On a secoué cette Servitude, ccl’on a relégué cette Superstition chés lespetits Princes d’Allemagne. Dans cePaïs,tout Eíommc, qui, pour le Malheur duGenre Humain, naît Baron, ou Seigneurde Terre, a le Droit de tourmenter quel-ques misérables Pnifans. II se croit un despremiers Souverains du Monde, quoiqueses Terres n’aïent pas souvent une Lieued’Etendue. Son Ignorance crasse, qui luilaisse ignorer lì le Monde en a plus de deuxcent, est la feule Chose qui puisse excu-ser íà Vanité. On trouve communémentdans bien des Païs de ces petits Tirana,quin’ont, de la Noblesse que l’Ancienne-té, des Mœurs que la Corruption, «Scdcl’Homme q uc la Ressemblance. Penses-tu,mon cher Brito, qu’une Personne, qui sesert de la Lumière Naturelle, puisse préfé-rer, à des Gens illustres par leur Science,recommandables par leur Candeur, ces

No-

* Les Egiptiens aderoient les Crocodiles, <5c re-gardoient les Oignons comme des Divinitez ;ce qui a fait dire à Juvénal, Heureuse Nation,qui voit croître ses Divinité? dan* ses Jardins!