154 LETTRES JUIVES, Lettre XLV.Lettre Quarante - Cinquième.Jacob Brito à Aaron Monceca.
ISIíïv&Cs&áE suis arrivé à Venise depuisìîà T Izá íix jours, & je n’avois pointO t.î'1 encor vu de Ville qui eût of-tert à mes Yeux un Spectacleauílì charmant. C’ est une chose à la quel-le on s’accoutume difficilement, que de
voir íàns étonnement une Ville Latte numilieu de la Mer, & comme construitefur l’Eau. Toutes les Rues de Venise íont
coupées par des Canaux; & l’on peut allerpar-tout dans des Gondoles, qui sont depetits Bateaux couverts, qui tiennent lieua Venise de Caroíse ôc d’Equipage.
Le Gouvernement de cette Républi-que est Aristocratique : le Sénat, à la Tèteduquel préside le Doge, réglé 6c gouver-ne toutes les Affaires. C’ est lui seul, quipeut décider de la Paix, de la Guerre, desImpôts, 6cc. Ou croiroit, lorsqu’on voitla grave Fierté du Doge, 1a Magnificencede ses Habits, la Splendeur de son Palais^qu’il est le véritable Souverain de Venise.Mais, ce n’estqu’un Fantôme, qui repré-íènte l’Autorité du Séuat, 6c qui souvent