LETTRES JUIVES, Lettre X L V. 157
„qu’on ne heurte point un Noble Véni-tien : „ Impara , Signor Eléphant *, chenon fi impegne un Nobile Veneiiano. Unautre Noble, se trouvant cans une Rueétroite, < 3 e la longue Epée d’un Espagnolqui le précédoit ? empêchant de paíser, illui demanda avec beaucoup de Sang-froid,s-’il falloir passer dessous ou dessus: Signorfi c avale a ^ 0 fipafia fiotto ? 11 íèroit dange-reux de vouloir répondre à ces Plaisante-ries, qui tiennent de l’Invective: & qui-conque manqueroit à Venise de Respect àun Noble se feroit une Affaire dont il au-roit peine à sortir.
La Médisance prétend, que, dans lesprincipales Familles,un íèulFrere sc mariepour tous les autres. Je crois que cetteCoutume eít moins commune qu’on neTassure ; mais, je ne pense pas qu’ellesoit totalement hors dUíàge. L’Humeurdes Vénitiens, < 3 t leur Vanité, peut occa-sionner une Conduite aussi blâmable. Si,dans une Maison nombreuse, chaque Frè-re se marioit, lé grand Nombre d’EnfanSqui íurviendroit appauvriroit bientôt lesFamilles les plus riches: & cette Gran-deur, dont les Nobles sont idolâtres,n’étant plus soutenue par les Richesses,
lanqui