LETTRES JUIVES, Lettre XLVI. 165
Lettre Quarante-Sixieme.
Aaron Monceca à Jacob Brito.
✓j^^î&îaS’AI couru, mon cher Brito,un
í*) ï C) ^ es P^ us p ran ^ s Dangers que& J V j’essuirai de ma Vie. J’ai penséAAAA devenir amoureux, & amou-reux d’unc jeune Personne, aimable maisvolage, spirituelle mais capricieuse, enga-geante mais ficrc & hautaine. Considérédans quel Etat j’aurois été réduit, íì j’avoisété destiné á être l'Esclave de cette dan-gereuse Beauté. Un Cceur comme l'emien ne sàuroit s’accommodcr delaFaçond’aimer d’unc Parisienne. Accoutumé àla Sincérité (Scan Naturel de nos Cìrequcs,je'ne pourrois souffrir la Coqueterie& lcManège des Françoises. II faut être nédans leur Pais, pour s’accommoder à desManières aussi extraordinaires. En géné-ral, les Nazaréens croient aimer, & n’ai-ment point. J’oser ois soutenir, qvfenFrance, qu’en Italie,-qu’en Allemagne.,qu’en Anglerrerrc, & mémo qu’en Espagneon ne connorr point lc véritable Amour.Cette Passion n’est > o mue que dans l’Alìe :c’cst-là où clse régné délicatement, & oùelle semble s’acoorder avec la Raison.
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