LETTRES JUIVES, Lettre XLVII. 177
dans 'leur Tems. Car, tous les Siéclesont fourmillé en mauvais Auteurs, de quiles Ecrits n’ont jamais passé à la Postérité.Auíïï voïons-nous, que les Ouvrages, quinous restent aujourd’hui, sont les mômesqu’on estimoit audessus de tous les autresdans Athènes & dans l’ancienne Rome.
La Raison de la Conservation d’un bonLivre, préférablement à un médiocre ouà un mauvais, est fi sensible, qu’elle n’apas besoin d’être prouvée par de grandsArgumens. On conserve ce qui est pré-cieux, avec autant de Précaution, qu’onen prend peu à garder ce qu’on mésesti-mé. Les Historiens Grecs & Romains,qui nous restent aujourd’hui, sont de pré-cieux Dépôts, que vint Siécles nous onttransmis, pour le remettre avec autant desoin à notre plus reculée Postérité.
Dans mille Ans d’ici, nos Neveux n’au-ront que les meilleurs de nos Historiens.Ils seront délivrez de tous les mauvais,dont les Vers, laPouífiere, & les Beurie-res, auront vengé l’Univers. L’Illustrede Thou parviendra jusqu’nux Tems lesplus éloignés. Mezcrai,-& quelques au-tres Historiens, quoique moins perfaits. Tqîiì. II. M que