LETTRES JUIVES, Lettre XLVIII. 191
Biron n’eût pas accepté, ’à coup sûr, leCommandement cTlme pareille -Armce,lui qui cassa un Capitaine, auquel il ne re-prochoit d’autre Faute, que d’avoir vouluprendre quelque Précaution contre lesPoursuites du Procureur Général. Etes-vous de ces Gens, lui dit-il, qui craignenttant la Juflice ? Je vous casse. Jamais vousne me servirez; car, tout Homme de Guer-re, qui craint une Plume , craint u?ie Epie .Que penses-tu, mon citer Monceca, queceDuc eût fait à un Soldat, ou à un Offi-cier, qui lui eût demandé le Tems deprendre Conseil de fou Directeur, avantd’entrer en Campagne ? Pour . moi, jecrois, qu’il l’eût traité comme un PouletSacré.
Les Nazaréens conviennent eux-mê-mes, que leur Conduite & leurs Actionsíur le Chapitre de la Guerre sont entière-ment opposés à l’Esprit de leur Religion.Mais, il rejettent le Mal qu’iî peuvent fairefur ceux qu’il sont à la Tête des Etats, &qui ne doivent jamais engager les Peuplesque dans des Guerres juives. Ce premierPrincipe posé, ils se dépouillent de tousautres Scrupules, & pillent, volent, tuent,massacrent , brûlent: le tout, sens consul-ter