LETTRES JUIVES, Lettre XLVII 1 .197
tous les Hommes en général, qu’ils poufsent leur Prévoïance un peu trop loin suree qu’ils pensent devoir leur être utile. IIy a quelques Années, que, le Nombredes Courtisanes étant exceíìîvement dimi-nué, la République en fit venir une grandeQuantité d’étrangeres. Le Doglioni, quia écrit les Choies notables deVenise, loueextrêmement la S'geíTe du Sénat, qui, enpour votant aux Nécessitez de la FoiblesseHumaine , mettoit en Sûreté THonneurdes Femmes sages «St retenues, à la Vertudes quelles ont eut tendu mille Pièges. Jedéfie que la Prévoïance de Magistrats char-gés duSoin duBien public puisse s’étendreplus loin que de songer même à soulagerles Désirs des Libertins, & a dissiper lesCraintes des Maris jaloux. Les soûls Vé-nitiens sont capables de ce Détail. II estvrai que, n’en déplaise au Doglioni, jecrois cette Action moins grande «St moinslouable que lui: «St, pour empêcher les In-sultes que les Libertins auroient pu faire,aux honnêtes Femmes, ie crois qu’on au-roit pu se servir des Motcns qu’emploiaSixte-Quint, loríqu’il eut banni les Cour-tisanes de Rome. Ce Pontifie punissaitícvérement le Vice, & íàvoit contenir parla Crainte les Libertins & les Vagabonds.
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