226 LETTRES JUIVES, Lettre LI.
Un Guerrier généreux , que la Vertu cou-ronne ,
Vaut bien un Roi formé par le Secoursdes Loix:
Le premier qui le fut rient pour lut quefa Voix*.
Lorsqu’on examine la Conduite des Cor-ses, elle ne paroit plus ridicule: ils ré-compensent leur Bienfaiteur, ils hono-rent leur Libérateur. Pourquoi leur faireun Crime de rendre Hommage à la Vertu,
<3c d’avoir de la Reconnoissance? Je rn’ap-perçois, qu’ils agissent d’une Façon trèssensée, & que le Bon-Sens & la plus fainePolitique règlent toutes leurs Démarches.Quelque Crédit, & quelque Pouvoir,qu’ils aient accordé á leur nouveau Prince,ils ont cependant nus un Frein à 1’ Auto-rité Monarchique,* & leur Souvérain nepeut leur imposer aucune Taxe, aucunImpôt, ni publier aucur.e Loi nouvelle,fans l’Approbation de son grand Conseil, j
composé de dix huit Sénateurs , qui re-présentent les Etats du Roiaume. Le í
Seigneur Théodore n’a que les mêmes •
Droits, que les Hommes accordérentauxpremiers Souverains qu’ils élurent **. II
com- j
* Crcbillon, dans Sémiramis. j
** Eris DuxinBello, & reddes nobis Justitiaiti. <