270 LETTRES JUIVES, Lettre LIV.
prouve, qu’il peuvent tous être heureux,dans quelque Etat que le Ciel les ait pla-cés : & qu’il ne faut, pour atteindre à
la Félicité & à la Tranquillité, que duBons-Sens dans P Esprit, <5t de la Droi-ture dans le Cœur. Demande aitx Sa-vans , dit ce Poëte, le Chemin pour arri-ver nu Bonheur. Iìs font toits aveugles.D un nous ordonne d’être serviable , P au-tre de fuir les Hommes : quelques - unsfont con f fl er le Bonheur dans VABion^if d'autres dans le Repos : ceux-ci rap-pellent Plaisir , ceux-là Contentement.Toutes ces Définitions ne disent Çitères plusou moins que ceci , que le Bonheur eflBonheur. D un dit que son Plaisir efl den'avoir aucune Peine : un autre ne fçaitoù le fixer ; incertain , il doute de tout :il y en a mime , qui nient que la Vertuy ait aucune Influence. C est - là, moncher Isaac, le ndelle Portrait de notreAveuglement. Nous disputons pour dé-finir ce qui peut nous rendre heureux :nous allons chercher bien loin ce quenous avons en nous-même, la Vertu ,la Santé , & le Nécessaire. C 5 est-là levrai Bonheur. Quiconque Jouît de cestrois Choses est parfaitement heureux.Mais, comme les dpux dernieres ne dé-
pen-