LETTRES JUIVES, Lettre L V. 273
elles disent très sérieusement à ceux quivont chés elles: Mon fleur ^ vous aurez laBonté aujourd'hui de me pdier plus qu'àl'ordinaire ; car , c'efl pour les Ames dePurgatoire , que je travaille. Elles mon-trent alors plusieurs Quittances des Prê-tres, enfilées ôc pendues à côté de leurLit, qui prouvent qu’elles ne friponentpoint, ôc que l’Argent qu’elles ont reçuâ été emploïé en Prières ôc en Fondationspieuses. Après ce Prélude, elles travail-lent efficacement au Salut des Ames. Lorsqu’elles n’ont point assez de Pratique lesJours destinez à une si bonne Oeuvre, el-les tâchent d’obtenir gî'atis quelques Priè-res pour l’Ame de leurs Parens. II estvrai, que ceux qu’elles emploient à cetOffice, aïant réciproquement besoin deleur Secours , ils ne sont point barbaresles uns aux autres, ôc s’accommodent ai-sément, d’une telle maniéré, qu’il n’estpas besoin de rien débourser.
Le Zélé ôc la Dévotion de ces Courti-sanes te paroitra extraordinaire; mais, laDébauche à Venise est conciliée dans tousles différens Etats avec la Religion. II n’ya guere de Moine, de Prêtre, d’Abbé,deMonflgnori , qui n’aïent une Maîtresse de
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