i6o LeHollandois
vous retiendriez de vous même - si une DameHollandoìse faisoìt tant que de vous admettredans 1 appartement, qu’elle s’est réservé à ellemême, ou, pour mieux dire, quelle a consa-cré à la Propreté. Figurez vous une Religieu-se, qui a pris fur elle le foin dévot de parerune chapelle & de l’entretenir. Quelle atten-tion, pour qu’il n’y manque aucune forte d’or-nemens, qu’elle puisse imaginer ! Quelles pei-nes, pour que tout y rie aux yeux par la sym-metrie & par la propreté ! Quelle inquiétudeque quelcun ne salisse ou ne dérange étour-diment un ouvrage si chéri l Telle est une Da-me Hollandoise dans fa chambre de parade.Tapisseries , tableaux, lits, chaises, armoires,porcelaines , argenterie , tout est exquis , toutsemble avoir été placé & nettoié de la mainmême de la Propreté, tout vous enchante, &vous pardonnez à la Dame Rattachement pres-que superstitieux, qu’elle a pour une chambresi charmante.
Les Villageoises ne le cèdent en rien auxBourgeoises pour la propreté. J’ai été en voirplusieurs. Leurs maisons, leur vaisselle, leursmeubles étoient de quelque degré moindresque chez les Habitans des Villes , mais ils leségaloient du moins pour la netteté, & le lingede table & de lit l’emportoient pour la finesse& pour la blancheur fur celui de bien de ri-ches Habitans des autres Provinces. Leurs éta-bles