Lettre XXXI. 157
ses formes, voilà quel étoit l’habit général deces jeunes Gens. Accompagné comme il étoicde la perruque & du chapeau, avec des pan-toufles de cuir jaune, on auroit absolumentpû les prendre pour des Chrétiens Francs, quirevenoient de Constantinople,ou de Smyrne,avec le même habit qu’ils y a voient porté.J’appris que c’étoient des Etudians de diversesNations, qui, n’aiant-là ni Parens, ni Gouver-neurs , faifoient le dangereux essai de leur li-berté , & qu’il y en avoir quelques-uns, qui nelaissoient pas que d’étudier avec beaucoupd’application & de succès.
je vous avoue que j’admirai le bonheur deces derniers , mais que j’admirai encore da-vantage la confiance des Peres, qui laissoientainfi s’éloigner de leurs yeux une Jeunesse , àlaquelle il ne restoit plus pour Gardien qu’unheureux naturel ou une grande émulation. Cequ’il y a de fâcheux, c’elt que ce malheur estcomme inévitable. Peu de Villes font en étatd’ériger A d’entretenir des Ecoles publiques >où il y ait des Professeurs habiles dans chaqueScience. II faut donc que les jeunes Gens ail-lent chercher cet avantage dans les Univeríì-tez. Mais il me semblé qu’elles devroient tou-tes être réglées commes celles d’Oxfort & deCambridge, c’eft à dire , qu’il s’y trouvât desCollèges, où les Etudians vécustent A étudias-sent en commun fous l’infpection de Gens sa-ges