Lettre XXXIII.
riz
nies dans chaque Ville, a aussi ses Festins fouscette forte d’égarcl-là. Je ne parle point deceux que les Officiers fe font alternativement.Chaque Officier régale de temps en tempstous ceux qui font de fa Brigade de l’argentqui provient des amendes, que ceux qui man-quent aux fonctions de la Bourgeoisie sontobligez de paier.
La mort même est pour les Hollandois uneoccasion de fe réjouir. Dès qu’un Homme estenseveli , on sert une collation & du vin àceux qui lui ont rendu ce service. Au retourde l’enterrement, ceux qui y ont assisté commeParens , ou comme Amis , trouvent dans lamaison mortuaire des biscuits & du vin.Ceux qui ont porté le Mort reçoivent à leurretour un présent en argent pour la boursecommune du quartier, & un autre pour euxmêmes, qu’ils ne manquent pas d’aller le soirmême dépenser chez un Traiteur , en buvantà la santé du Mort.
Cette coutume a de I’air de celle des Thra-ces, qui célébroient par des Festins la mort deleurs Amis & de leurs Parens. Vous savez,Monsieur, que l’Histoire ancienne a prétendunous faire croire qu’ils n’en agissoient d’unemanière si extraordinaire , que parce qu’ilsregardoient la mort comme un passage à unétat plus heureux. Je m’en rapporte à ce quiest. Mais n ’y a-t-il pas plus d’apparence que
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