le signal du carnage : Baisas & ses convives fu-rent tous égorgés. Auilitôt se faisant amenerleurs valets, qui croyoient aller au supplice,Vivez, leur dit le même, & venez nous servir,car c'esi nous qui sommes vos maîtres. Alorsla troupe se mit à table, & fit asseoir Bélisaire àla place de Bessas.
Béliíàire ne cefîoit d’admirer les révolutionsde la fortune. Mais ce qui venoitdarriverl’af-fligeoit. Compagnons, dit-il aux Bulgares,vous me donnez un chagrin mortel, en faisantcouler autour de moi le sang de mes compatrio-tes. Beflas êtoit un avare-inhumain : je l’ai vudans Rome affamer le peuple, & vendre le painau poids de for, lans pitié'pour les malheureuxqui n'avoient pas de quoi payer leur vie. Le ciell’a puni ; je ne le plains que d’avoir mérité sonsort. Mais ce carnage, fait en mon nom, estune tache pour ma gloire. Ou faites-moi mou-rir, ou daignez me promette que rien de pa-reil n arrivera tant que je ferai parmi vous. Ilslui promirent de se borner au soin de leur pro-pre défense; mais le Château de Bessas fut pillé;& après y avoir passé la nuit, les Bulgares, char-gés, de butin, se mirent en marche avec Béli-saire.