encore embelli par des grâces nouvelles & par lagaieté. D’Ormond sentoit qu’ii commençoitseulement à vivre. Lucie & lui rompirent en-fin le silence. Ils chantèrent ensemble les char-mes de l’amour, les douceurs de l’ainitie, lesplaisirs de la vie innocenté & tranquille. D'Or-mondavoit une voix agréable & flexible: le sen-timent avoit dicte' ses chantons. Lucie n’avoiteu de maître que la nature, mais son organeetoit enchanteur. Leurs sons reformèrent jusqu’au fond des âmes & en augmenteront le ra-vilsement. Il redoubla encore, lorsqu’après lesouper d’Ormond conduisit ses parens dans deschambres charmantes par leur propreté, & leurannonça quils e'toient chez eux. En vain an-iment ils voulu lui répondre ; il ne purent quele serrer avec transport dans leurs bras.
Trop animes, trop contens pour pouvoirse livrer au sommeil, Ailard & Ame'lie paste?rent la nuit à s’entretenir de leur bonheur. Vo-tre frere, disoit Ailard, est un Ange envoye'du ciel pour mettre le comble à notre félicité'.Je ne desirois plus rien, répondoit Amélie,puisque j’ avois recouvre' ton. cœur ; maismon frere, en rendant notre vie plus aiséepar ses bienfaits, me délivre de la crainte de tevoir souffrir dans tes vieux jours. Sa conver-sation