PRE F A C E. -
affreuse qu’il étoit possible de lui donner.Sa vivacité Temportant alors, il ne s’ap-percevoit pas qu’il groisiflbit un peu lesobjets, & qu’il Íortoit des bornes de cet-te critique exacte & compaflee, qui estpropre aux Génies lents & flegmatiques.Néanmoins, quoique je fois Allemand ,je ne faurois nier que l’Auteur n’ait re-proché des défauts très réels à ma Na-tion ; & quoique peut-être il les ait quel-quefois un peu grossi pour les représen-ter plus vivement, il est pourtant sûrque dans le fond ils n’existent que trop.Je juge de même à l’égard de ce qu’il adit des François , par rapport aux défautsde leur caractère Militaire & Civil. Pource qu’il dit des Savans des deux Na-tions , je laiffè aux Gens de Lettres à dé-cider si son jugement est juste, il ne m’ap-partient pas de prononcer là-delîus,
Non nobà inter vos tantas componere lites.
Je fuis Homme de guerre ; & quoi-que je ne convienne pas que je fois tout-à-fait ignorant, je ne fuis pourtant pasaflez vain que de me croire savant.
L’Auteur de ces Lettres avoit d’a-bord porté les armes en France, ensuite
s’étant