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François &c. Lett. III.
Officiers François se fouler, non par occasion,mais par habitude. Ils passent leur jeunesseà arranger des fleurettes, & dans un âgeplus avancé ils se jettent dans la crapule. IIn’y a pas deux ans qu’on ne leur voyoit por-ter l’Uniforme qu’aux revues , comme s’ilsavoient craint que cette livrée ne les désho-norât : ils portoient des habits tout cha-marrés , TUniforme n’étoit que pour lesmoins riches. On dit qu’on a réformé cetabus.
Ces Messieurs pour fournir à leurs dépen-ses frivoles , pillent impunément le Soldat,& celui - ci est vêtu de haillons, tandis queses Officiers mènent grand bruit , & fontbonne chère. II n’est point extraordinairede voir chez nous un Régiment d’Infanteiieporter sept ans les mêmes habits. Ra Ca-valerie & les Dragons font infiniment mieuxentretenus ; mais pour la pauvre InfanterieNationale, à la voir on seroit plus tenté dela prendre pour des Soldats de quelque Prin-ce Arabe , que pour une Troupe du Roide France. Un Colonel François , qui est àParis , y jouera fans crainte & fans scrupuleles habits de son Régiment. L’Inspedeurvient, en fait la revue , trouve les Soldatstout nuds : cependant il se tait, parce quele Colonel est ae ses amis, ou parce qu’il neveut pas s’en faire un ennemi. Quand jeme rappelle le triste état où j’ai vu quantitéB 3 de