François &c. Lett. IV. 47
cut la curiosité d’aller voir faire l’Exerciceau Régiment de Poitou , qui pour-lors yétoit en garnison. Je dois vous dire parparenthèse , que ce Régiment passe en Fran-ce pour un des mieux exercés qu’il y ait.La curiosité de K*** étoit naturelle à unHomme de guerre auffi appliqué que lui àfa Profession : cependant il n’eut pas sujetde beaucoup s’en applaudir : 1 Exercice luiparut pitoyable ; & la négligence avec laquel-le il fut fait, lui inspira du mépris pour lesOfficiers & pour les Soldats. Cela n’empê-cha pas un jeune Capitaine de fa connoifían-ce de lui en parler , après que tout fut fini,avec un air de satisfaction extraordinaire.Qu'en penfez-vous , Monsieur , lui dit-il ? ce Ré-giment ne fait-il pas bien P Exercice ? A merveil-les , répondit de R*** avec cette complaisan-ce que vous lui connoissez. L’Officier Fran-çois, qui trouvoit les applaudissemens de R***trop mesurés , & qui vouloit quelque chosede plus, s'aviîa de lui dire : Avouez, M o n-SIEUR, qu’il u’y a peu de Troupe nu monde quiexerce avec plus d’adresse U plus enharmonie quece Régiment-là. Alte-là , MONSIEUR, ré-pliqua de R***, pour le coup vous en exi-gez trop de ma politesse. Sachez donc que fidans les Troupes où je fers , il fe trouvoit unRégiment assez malheureux que de ne pas mieux,faire PExercice que celui de Poitou vient de lefaire , il n’y auroit pas m Officier , depuis le
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