François &c. Lett. VI. 6z
Profession, cela ne signifie pas qu’ils soienttous tels en particulier : ce í'eroit mal raison-ner , que de conclure de cette manière. 11y a en France des Officiers qui se distinguentpar leur application , & par leur exactitude àremplir leur devoir ; mais leur nombre estpetit, en comparaison de cette foule de jeu-nes éventés , qui servent plus par Libertina-ge que par Vocation. Ne vous imaginez pasnon-plus, que parce que dans la dernièreGuerre quelques-uns de ces Messieurs ontabandonné leurs Drapeaux , tous soient ca-pables d’une pareille lâcheté. Non, monCher, Phonneur est autant en recommanda-tion à la Noblesse Françoise , qu’à aucune au-tre du Monde. Mais dans toute sorte d’états& de conditions, il se trouve des Coquins ;& ces Officiers François qui íe sont montrés telspar leur désertion, ont reçu la récompensequ’ils méritoient. J’en ai vu plusieurs dans cePays-ci, qui étoient simples Soldats , & quipaísoient par les verges plus de six fois par an.lis avoient beau crier, je fuis Gentilhomme, j'aiété Officier en France. On leur répondoit qu’ilsétoient Soldats, qu’il falloìt obéir, ou subir lechâtiment porté par les loix de la Disciplinecontre les Désobéissais.
Tout cela n’empêche pas , mon Cher,que le François ne soit brave, & que la va-leur ne soit chez lui une vertu naturelle.C’est ici que vous m’attendez , n’est-ce pas ?
Et